Les risques de récession en Europe s’accentuent

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C’est une contraction du Produit intérieur brut qui se profile pour l’Europe au troisième trimestre. Et la probabilité d’une récession – deux trimestres de suite de contraction de l’activité – augmente.

Les indices publiés mardi par S&P Global relatifs aux perceptions des directeurs d’achats des grandes entreprises durant le mois d’août témoignent d’un nouveau recul de l’activité dans la zone euro après celui enregistré en juillet . L’indice PMI global de la zone euro s’est encore replié pour s’inscrire à 49,2 points, soit son niveau le plus bas depuis dix-huit mois. La France et l’Allemagne sont les deux principales économies responsables de cette contre-performance, « l’activité ayant en effet continué d’augmenter en dehors du noyau franco-allemand, bien qu’à un rythme très modéré », souligne S&P Global.

Les indices PMI global pour l’Allemagne et la France se sont établis respectivement à 49,8 et 47,6 points. En Allemagne, la nouvelle baisse soutenue des niveaux de production et une plus forte contraction de l’activité des services ont généré « le plus fort recul de l’activité globale depuis juin 2020 », souligne l’agence. Pour la zone euro, l’activité des services en légère augmentation ne compense plus le manque de vigueur des industries manufacturières. La forte hausse de l’inflation a fait chuter la demande dans le secteur des services.

La baisse de la production est désormais observée dans toute une gamme de secteurs, des matériaux de base et des entreprises automobiles aux entreprises du tourisme et de l’immobilier.

Andrew Harker Un des directeurs de S&P Global Market Intelligence

C’est particulièrement le cas dans les domaines du tourisme, des loisirs et des activités immobilières. « La baisse de la production est désormais observée dans toute une gamme de secteurs, des matériaux de base et des entreprises automobiles aux entreprises du tourisme et de l’immobilier, alors que la faiblesse économique devient de plus en plus généralisée », avertit Andrew Harker, l’un des directeurs de S&P Global Market Intelligence. Dans les services, la forte hausse de l’inflation a coupé court à la reprise enregistrée après la fin des restrictions sanitaires liées au Covid-19.

Risques de récession

Observant dans le secteur manufacturier une nouvelle accumulation record des stocks de produits finis au cours du mois, Andrew Harker n’envisage guère d’amélioration prochaine de la production européenne. « Nous nous attendons à ce que la croissance stagne au second semestre de cette année. »

La poursuite de la baisse des PMI en août suggère qu’une récession au cours du semestre hivernal est de plus en plus probable.

« Le risque de pénurie d’énergie au cours de l’hiver s’est quelque peu atténué mais demeure clé pour les prochains mois », avance pour sa part, Rory Fennessy, économiste chez Oxford. « La poursuite de la baisse des PMI en août suggère qu’une récession au cours du semestre hivernal est de plus en plus probable, prédit de son côté Christoph Weil, économiste de Commerzbank, interrogé par Reuters. La Russie ne livre du gaz qu’en quantité limitée, l’inflation élevée met à l’épreuve les comptes en banques des ménages, les entreprises sont confrontées à des incertitudes massives : les perspectives économiques de la zone euro sont sombres. » « Les indices PMI d’août indiquent que l’économie de la zone euro se dirige rapidement vers une récession, si elle n’y est déjà », s’inquiète Bert Colijn, économiste en charge de la zone euro chez ING.

En fin de compte, c’est bien la suite de la guerre en Ukraine et ses répercussions au niveau de l’approvisionnement énergétique qui détermineront l’éventuelle entrée en récession de la zone euro.

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