Les médias audiovisuels classiques courent après la jeunesse

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Plus question de les laisser partir sans rien faire. Alors que les adolescents écoutent moins la radio et s’éloignent toujours plus des journaux télévisés, en cette rentrée, il y a urgence pour les médias à tenter de les retenir. Voire de reconquérir ces jeunes auditeurs et téléspectateurs qui font de plus en plus confiance aux réseaux sociaux pour s’informer. Selon un rapport de l’institut Reuters publié en juin, la majorité des utilisateurs dans le monde des plates-formes sociales TikTok, Snapchat et Instagram, soit, respectivement, 55 %, 55 % et 52 %, dit accorder son attention aux célébrités et aux influenceurs en matière d’information.

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La nécessité de renouvellement du public se fait d’autant plus prégnante que le vieillissement de l’âge moyen des téléspectateurs se confirme d’année en année. Il était de 63 ans pour le journal télévisé de France 2 et de 57 ans pour celui de TF1 lors de la dernière saison 2022-2023, selon Médiamétrie.

Ce vieillissement concerne aussi la radio. En 2003, l’âge moyen des auditeurs de Franceinfo était de 48,3 ans ; dix ans plus tard, la moyenne s’élevait à 52,3 ans. Depuis deux saisons, elle atteint désormais les 55 ans. « Si l’on veut que la marque Franceinfo continue d’être une référence pour les jeunes générations, il faut que l’on trouve de nouveaux moyens de s’adresser à eux, sur le bon canal et de la bonne manière », juge Estelle Cognacq, directrice du numérique de la radio d’information publique.

Un retard de réaction de l’audiovisuel

La radio Franceinfo a ainsi confié la mission d’élaborer un journal quotidien de cinq minutes pour les 15-25 ans au journaliste Léo Tescher. Depuis le 1er septembre, le podcast « Ça dit quoi ? » est mis en ligne du lundi au vendredi à 7 heures. Il est disponible sur les plates-formes de podcast (Spotify et Deezer), le site Web, le réseau social Instagram et l’application de Radio France. S’inspirant du format suisse « Le short », produit par la RTS, ses éditions sont constituées de sujets ciblés. « Je veux aborder des thèmes de société qui touchent les jeunes : la précarité, le logement, le sexisme en ligne, le harcèlement, le genre, la sexualité… », détaille Léo Tescher. Le trentenaire décrypte aussi l’actualité internationale, les grands faits politiques, mais également le sport et la culture au sens large : cinéma, musique et jeux vidéo.

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Contrairement à plusieurs titres de presse écrite (Le Parisien, Le Monde…), qui proposent des formats spécialement pensés pour le jeune public sur les différentes plates-formes sociales depuis une dizaine d’années déjà, l’audiovisuel a tardé à réagir. L’explosion de la désinformation et du complotisme, accélérée par les réseaux sociaux, a fini de les convaincre. « Il y a un besoin urgent d’éducation aux médias », admet Thierry Thuillier, directeur de l’information de TF1. « La menace se fait plus imminente pour nos démocraties, il y avait besoin qu’on s’y mette », justifie Alexandre Kara, directeur de l’information de France Télévisions.

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