Les entreprises du secteur de l’eau alertent sur le déficit chronique d’investissements

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L’été 2022 a sonné l’alerte : la France n’est pas épargnée par le réchauffement climatique et son cortège de longues sécheresses. Les rivières à sec ont incité à s’interroger sur de possibles économies d’eau, on s’est alors souvenu que le taux moyen de fuites dans les canalisations est estimé à 20 %, soit 1 milliard de mètres cubes par an. « Ce n’est pas un problème grave quand on a beaucoup d’eau, ça le devient dans le cas contraire… », glisse Jean-Luc Ventura, président de l’Union nationale des industries et entreprises de l’eau (UIE).

Or, prévient ce syndicat interprofessionnel qui représente 200 entreprises, le patrimoine lié à l’eau potable, à l’assainissement collectif et à la gestion des eaux pluviales est malmené par un déficit chronique d’engagements financiers dans ces domaines depuis quarante ans. « Nous voulons attirer l’attention sur un possible point de non-retour. Si nous n’anticipons pas, nous allons nous retrouver devant un mur d’investissements que nous ne serons pas en mesure d’assurer, pronostique Jean-Luc Ventura. Surtout les petites collectivités rurales, qui ne pourront pas s’en sortir seules. »

Le patrimoine français est « exceptionnel

Pour porter ce message, l’UIE a dévoilé, mardi 4 octobre, des chiffres astronomiques. Le montant nécessaire au bon état des infrastructures du petit cycle de l’eau – et donc le coût de la sécurité hydrique – s’élèverait à… 4,6 milliards par an. Pour parvenir à ce résultat, l’étude s’appuie sur des données, disponibles en 2019, publiées dans divers rapports officiels, destinés notamment au ministère de la transition écologique et à celui de l’économie. Selon ce diagnostic, les services d’eau potable mériteraient à eux seuls 1,8 milliard d’euros d’investissements supplémentaires, ceux de l’assainissement 1,7 milliard. Le montant des dépenses de ces deux postes s’élevait respectivement à 2,6 milliards et 3,6 milliards en 2016. Quant aux besoins de la gestion des eaux pluviales, ils sont évalués à 1 milliard d’euros, mais les données manquent à ce sujet.

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Le patrimoine français est pourtant « exceptionnel », avec près de 1 million de kilomètres de réseaux d’eau potable et 27 millions de branchements, 380 000 kilomètres de réseaux destinés à l’assainissement, 21 000 stations de traitement des eaux usées. Il vaudrait 500 milliards d’euros s’il fallait le construire aujourd’hui, selon le président de l’UIE. Mais il vieillit : 40 % de l’ensemble des installations datent d’avant les années 1970. D’ici à 2050, leur âge moyen dépassera 70 ans. Au rythme actuel de renouvellement, qui est de 0,6 % par an, les deux tiers des réseaux ne seront pas remis en état d’ici là.

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