Les démocraties manquent (aussi) de talents et de personnel qualifié

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Publié le 27 juil. 2022 à 7:20Mis à jour le 27 juil. 2022 à 8:16

Alors que les entreprises de nombreux secteurs d’activité souffrent actuellement d’une pénurie de main-d’oeuvre, « les démocraties occidentales ont aussi un problème de personnel qualifié », s’inquiète le « Financial Times ». Dans un éditorial au vitriol, le journaliste Janan Ganesh explique les turbulences politiques que traversent les Etats-Unis et l’Europe depuis une décennie par « un manque de talents » parmi les courants politiques libéraux et modérés. « Peut-être que le libéralisme est en train de manquer d’hommes et de femmes exceptionnels. Ou simplement très bons. »

L’éditorialiste prend l’exemple de l’actuelle course à la succession de Boris Johnson au Royaume-Uni, pour laquelle Rishi Sunak fait figure de favori. « Il pratique la politique de manière stéréotypée, comme s’il venait tout juste de sortir d’un cours sur ‘Comment faire de la politique’. Dans une démocratie florissante, il serait un bon chef de cabinet à Downing Street. En l’état actuel, l’ancien ministre des Finances est clairement le meilleur candidat au poste de Premier ministre au milieu d’un paysage conservateur dévasté. »

Seul Emmanuel Macron est épargné

Le camp travailliste ne trouve guère plus de grâce à ses yeux. Ni même le reste du personnel politique étranger. Janan Ganesh égratigne ainsi les démocrates américains, menés par « le retraité » Joe Biden, le désintérêt du dernier duel en Allemagne entre Olaf Scholz et Armin Laschet, tandis qu’en Italie, « pour la seconde fois en une décennie, un technocrate nommé Mario tente de dompter une classe politique italienne manquant de stature », référence aux Premiers ministres Mario Monti et Mario Draghi.

Seul Emmanuel Macron sort indemne de son tour d’horizon (« Il aurait fait des étincelles dans n’importe quel domaine »), au contraire de François Hollande, un « laborieux opportuniste » qui s’est imposé comme seul recours après que Dominique Strauss-Kahn s’est consumé dans le scandale.

« Un problème d’approvisionnement »

Ainsi, il existerait, selon lui, « un problème d’approvisionnement » : les personnalités qui pourraient prétendre à de hautes fonctions ne se dirigent plus vers la politique, mais vers le monde de l’entreprise, où elles trouveront de meilleures rémunérations et une vie personnelle bien moins exposée. « En un sens, le capitalisme démocratique s’autoérode. En autorisant des carrières dans le privé avec un salaire et une intimité aussi attractifs, il transforme la politique en un jeu de dupes. Et le déclin des lois et des institutions qui en résulte menace à son tour l’économie », estime l’éditorialiste du « Financial Times ».

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