« Les banques multilatérales de développement peuvent faire infiniment plus pour accroître l’ampleur du financement climatique »

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Un spectre a hanté la 27e conférence des Nations unies sur le changement climatique (COP27), qui s’est tenue à Charm El-Cheikh (Egypte) : celui du financement climatique. Non seulement les pays développés n’ont pas atteint leur objectif de mobiliser 100 milliards de dollars pour lutter contre le réchauffement, mais la somme même de 100 milliards est cruellement insuffisante au regard des montants nécessaires pour décarboner les économies et renforcer la résilience aux impacts du changement climatique.

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Une des sources possibles de ce financement pourrait et devrait être les banques multilatérales de développement (BMD), qui seraient en mesure de déployer bien plus de moyens qu’elles ne le font aujourd’hui. Les BMD sont des institutions financières internationales créées par les gouvernements pour promouvoir le développement dans les pays hôtes. Elles ont atteint leurs objectifs de mobilisation de fonds pour le climat plusieurs années avant l’échéance de 2025, et ont apporté la plus grande partie de ces 100 milliards de dollars. Pourtant, l’écart entre ce qui serait nécessaire et les financements réellement mobilisés n’a cessé de se creuser, notamment au vu de la nécessité d’investissements supplémentaires.

Au sommet du G20, les 15 et 16 novembre à Bali (Indonésie), les dirigeants se sont mis d’accord pour « explorer » les moyens de rendre les banques multilatérales de développement plus efficaces. Ils ont demandé pour le printemps 2023 un rapport, qui sera suivi, à la demande du président français, Emmanuel Macron, et de la première ministre de la Barbade, Mia Mottley, d’un sommet sur la rénovation de l’architecture financière internationale. Voici trois pistes pour mener une telle réforme.

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En premier lieu, les BMD peuvent faire infiniment plus pour accroître l’ampleur du financement climatique. Au début de l’été, le G20 a publié le rapport d’un panel indépendant concluant que les BMD pourraient déployer au moins 500 milliards de plus sans compromettre leur indice de solvabilité ni exiger de nouvelles injections de liquidités. Standard & Poor’s, l’une des trois principales agences de notation, a déclaré que mettre en place ces recommandations ne provoquerait pas de dégradation de la notation. Le rapport du G20 met en exergue le fait que ces institutions financières font peut-être preuve d’une prudence excessive, ce qui a pour résultat d’immobiliser des milliards de dollars.

Perspective systémique

En deuxième lieu, il est de fait que de nombreux pays sont surendettés. Selon le Programme des Nations unies pour le développement, cinquante-quatre pays ont besoin d’un allègement immédiat de leur dette. L’accroissement des prêts consentis par les banques multilatérales de développement doit aller de pair avec des efforts d’allègement de la dette, afin de ménager à ces pays l’espace budgétaire suffisant pour procéder aux investissements vitaux. Les BMD peuvent également mettre en œuvre leur considérable puissance de feu financière pour garantir les obligations afin d’amener les investisseurs privés à s’asseoir à la table de la restructuration de la dette. Le « V20 », qui regroupe les ministres des finances représentant cinquante-huit pays vulnérables au changement climatique, a proposé un format de restructuration de la dette prévoyant des rachats et des émissions de dette.

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