L’économie britannique plonge vers la récession

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Le Royaume-Uni vient probablement d’entrer en récession. Au troisième trimestre, son économie s’est contractée de 0,2 %, selon les données de l’Office des statistiques nationales publiées vendredi 11 novembre. De l’avis général des économistes, cela n’est qu’un début : les prochains trimestres seront presque certainement négatifs pour l’économie, la seule incertitude étant de savoir combien de temps durera la récession (dont la définition officielle est de deux trimestres consécutifs de recul du produit intérieur brut). La Banque d’Angleterre estime qu’elle pourrait s’étaler sur deux ans. S&P Global Market Intelligence ou HSBC sont un peu moins pessimistes et parient sur une récession qui se terminera à la fin du premier semestre 2023.

Dans tous les cas de figure, le Royaume-Uni aborde une période difficile, en particulier pour les ménages. En un an, les factures d’électricité et de gaz ont doublé. Sur la même période, les taux d’intérêt sur les emprunts immobiliers ont quadruplé, à 6 %. L’inflation était en septembre à 10,1 % (sur un an), rognant sévèrement le pouvoir d’achat.

En conséquence, l’inévitable se produit : les dépenses des ménages ont baissé de 0,5 % au troisième trimestre. La chute est particulièrement forte dans l’habillement, dans l’ameublement ou encore dans les biens d’équipement pour la maison.

Exposé au gaz

Les loisirs subissent aussi un coup de frein sévère. Les « services aux consommateurs » ont reculé de 1,6 % en août, et de 1,7 % en septembre. Au total, ils sont 10 % en dessous de leur niveau d’avant la pandémie.

Certes, la baisse a été artificiellement accentuée par le jour férié supplémentaire qui a été accordé à l’occasion des funérailles de la reine. Selon l’Office des statistiques, le PIB mensuel était en recul de 0,6 % sur le seul mois de septembre, dont au moins à moitié à cause de ce calendrier exceptionnel. Par ailleurs, toute l’Europe connaît un fort ralentissement économique, à cause de la flambée des prix du gaz cet été. Mais les économistes de HSBC soulignent que le Royaume-Uni est un peu plus touché que les autres pays. Au troisième trimestre, son PIB est revenu 0,4 % en dessous de son niveau d’avant la pandémie. En comparaison, celui de la zone euro demeure 2 % au-dessus, et, aux Etats-Unis, 4,2 %.

L’explication vient notamment de l’exposition du Royaume-Uni au gaz. Si le pays n’en achetait presque pas aux Russes, il subit comme les autres en Europe le choc des prix. Or, il produit le tiers de son électricité avec le gaz, et la grande majorité des foyers l’utilisent pour leur chauffage. Les conséquences sont comparativement un peu plus fortes.

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