L’échange de maisons, des vacances anticrise qui séduisent les Français bien logés

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Deux semaines à Barcelone, une semaine à Tignes, une autre à Oléron, un grand week-end à Annecy, un autre à Bordeaux… Anne-Sophie du Doignon énumère les maisons ou appartements dans lesquels elle a passé des vacances ces derniers mois, avec mari et enfants, grâce à la plate-forme HomeExchange. « On n’aurait jamais pu partir autant si on avait dû payer des locations. Maintenant, on ne voyage plus que comme ça », explique cette cadre de la fonction publique territoriale de 42 ans, mariée à un ingénieur.

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En contrepartie, elle a laissé les clés de son gros pavillon près du lac du Bourget (Savoie) – grand jardin, trampoline et piscine hors-sol – à des quasi-inconnus. « Globalement, les gens sont respectueux, il y a une forme de confiance réciproque », estime-t-elle. Une fois, une personne a laissé tomber la Cocotte-Minute sur la plaque à induction, qui s’est brisée. Elle a pu être changée avec l’assurance du site, la famille maladroite s’en est tirée avec une franchise de 100 euros. « On a eu aussi un problème avec le filet du trampoline, mais ça s’est réglé à l’amiable. »

Les adeptes de ce dispositif de troc sont de plus en plus nombreux. HomeExchange, le site leader du marché en Europe et en Amérique, dont le siège se situe à Paris, a vu le nombre de ses membres bondir de 37 % en un an. Le site revendique 98 500 adhérents (un tiers sont français), qui paient 150 euros par an pour avoir accès à ce dispositif. Nul besoin de réaliser les échanges de manière simultanée. Avec un système de points (dont le nombre est fonction de la qualité de la maison), il est possible d’accueillir des gens chez soi, puis d’utiliser cette monnaie virtuelle pour séjourner chez d’autres membres de la « communauté » à Saint-Malo, Bastia, Milan ou New York.

« Une histoire de lien social »

« La motivation principale des gens est économique, expose Maria Casado Diaz, une chercheuse en géographie à l’université de Bristol, qui a mené une étude sur les échanges de maisons. Et en ces temps de tensions sur le pouvoir d’achat, partir en vacances sans payer son hébergement, c’est particulièrement intéressant. Vient ensuite la recherche d’une expérience authentique, la volonté de se loger hors des zones trop touristiques, de vivre une expérience plus locale, d’être moins dans l’ultraconsommation. »

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« Les gens ont l’impression de vivre une expérience de vacances plus riche. Ça raconte une histoire de lien social à un moment où les gens sont en quête de cela », poursuit Vanguelis Panayotis, président du cabinet spécialisé en hôtellerie MKG. Dans 80 % des cas, la maison échangée est une résidence principale.

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