le plafond tarifaire de l’énergie au Royaume-Uni augmente de 80%

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Cette mesure vient encore accentuer l’inflation dans un pays en pleine crise du coût de la vie et confronté à d’importants mouvements de grève.

Le plafond tarifaire de l’énergie va augmenter de 80% à partir d’octobre au Royaume-Uni, ce qui va encore attiser l’inflation en pleine crise du coût de la vie et met la pression sur le gouvernement pour agir.

Ce plafond va passer de 1971 livres par an par foyer moyen à 3549 livres, a annoncé vendredi l’Ofgem, le régulateur britannique de l’énergie, à cause de la flambée des cours mondiaux du gaz, notamment depuis la guerre en Ukraine.

«Modeste» bénéfice pour les fournisseurs d’énergie

«La hausse reflète la progression continue des cours mondiaux de gros du gaz, qui a démarré avec les déconfinements après la pandémie de Covid, et ont été poussés à des niveaux records quand la Russie a lentement interrompu ses approvisionnements de gaz à l’Europe», argumente l’Ofgem.

Ce seuil étant calculé d’après la moyenne des cours de gros du gaz sur les mois précédents, les experts s’attendent à ce qu’il soit relevé à plus de 4000 livres en janvier et jusqu’à 6000 livres au printemps selon les projections les plus pessimistes, ce qui devrait attiser une inflation déjà à plus de 10% l’an au Royaume-Uni. «Nous avons conscience de l’impact massif que cette hausse de plafond tarifaire aura sur les ménages à travers la Grande-Bretagne et les décisions difficiles que les consommateurs vont devoir prendre», a commenté Jonathan Brearley, directeur général d’Ofgem. L’Ofgem précise que le plafond prévoit un «modeste» bénéfice pour les fournisseurs d’énergie sur les ventes d’énergie aux ménages mais que «contrairement aux producteurs d’énergie la plupart des distributeurs ne font actuellement pas de profits».

Le ministre de l’Économie et des Finances Nadhim Zahawi a lui aussi reconnu que «les annonces de plafonds de prix de l’énergie vont causer stress et anxiété chez beaucoup de gens mais l’aide arrive avec 400 livres de rabais sur les factures d’énergie pour tous, 650 livres pour les ménages vulnérables et 300 livres pour les retraités». «Pendant que (le président russe Vladimir) Poutine fait monter les prix de l’énergie pour se venger de notre soutien à la lutte courageuse de l’Ukraine pour sa liberté, je travaille sans relâche pour mettre au point de nouvelles aides», a-t-il assuré, à quelques jours de l’annonce du nom du successeur de Boris Johnson à Downing Street.

«Tout le monde va avoir du mal»

Diane Skidmore, retraitée de 72 ans qui vit dans un logement social du sud de Londres avec 600 livres (un peu plus de 700 euros) par mois, a vu en un peu plus d’un an sa facture mensuelle passer de 25 à 45 livres. Elle vient de recevoir une lettre de son fournisseur d’énergie lui demandant de prévoir des prochains débits de 70 livres. «Tout le monde va avoir du mal», affirme-t-elle à l’AFP, disant son intention de recourir aux pulls et couvertures pour minimiser sa consommation d’énergie. Elle dit toutefois s’inquiéter pour ses voisins dont le compteur électrique fonctionne aux pré-paiements: «ils se retrouvent toujours en dette, et du coup ils ne paient pas leur loyer sinon l’électricité et le gaz sont coupés».

Le Premier ministre conservateur Boris Johnson, sur le départ, a décidé de laisser ce dossier politiquement sensible au prochain chef de gouvernement dont le nom sera dévoilé le 5 septembre. La favorite pour remplacer Boris Johnson, la très thatchérienne Liz Truss, avait jusque-là privilégié les baisses d’impôts plus que les aides directes qu’elle qualifie régulièrement de «pansements». Vendredi, elle a semblé assouplir sa position, dans une tribune au Daily Mail: «si je suis élue cheffe du parti conservateur et Première ministre, je prendrai des mesures résolues en arrivant à Downing Street sur des aides immédiates, mais je m’attaquerai aussi aux racines du problème».

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