La Tute, la petite bière bio d’ici qui monte…

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Laurence voulait se reconvertir, et Stéphane, lui, venait du Nord. Il y avait pour lui comme une logique à se lancer dans la bière. « Je suis né à côté de la frontière belge, à 20 kilomètres de Chimay ». S’il s’est très bien intégré au Béarn, gérant notamment les destinées du Froid Pyrénéen, société spécialisée dans le froid industriel, il opère ainsi comme un retour aux sources.

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Au lancement de la Tute, on se souvient de lui, empilant les bouteilles de bière lui-même dans des caisses pour aller les livrer à ses premiers clients, des bars bien connus de Pau, qui lui sont depuis restés fidèles. On pouvait goûter et on peut toujours savourer ses pale ale, ses blanches et ses IPA (india pale ale, pour les connaisseurs) aux Sardines (sous la marque Lili la Binouze), mais aussi au Bourbon Street, le bar à concerts d’Idron, et dans bien d’autres établissements recommandables.

Le houblon pousse ici

Pour se lancer, le couple avait investi dans quatre fermenteurs pour produire ses bières bio. Sur une partie de la propriété, ils ont même planté du houblon, ingrédient essentiel pour le goût, et notamment l’amertume et le piquant. Les fameuses IPA, très tendances, en réclament par exemple plus que les autres… Enfin, ils ont embauché Felipe Sandoval, un Chilien ingénieur agronome débarqué en France, qui avait lancé sa propre marque à Orthez en 2019. L’homme est intarissable sur la manière de brasser et de jouer avec les goûts.

Laurence et Stéphane Juanchich n’ont certes pas inventé le concept de ces bières artisanales et locales qui s’arrachent désormais comme des petits pains. Mais force est de constater que leurs produits marchent ! Un an après le lancement de la ferme brassicole La Grange et de sa marque phare, la Tute est en plein boom. Cette année, le couple a installé quatre fermenteurs supplémentaires, et investi dans un embouteillage automatique. Après les 350 hectolitres la première année, ils envisagent les 800 cette année. Sans cependant vouloir sacrifier à l’industrialisation. Si seul l’orge bio n’est pas produit localement – le Béarn n’est pas la Beauce –, le reste garde l’esprit maison et paysan.

Premiers pas à Paris

La preuve, la Tute (brune) a remporté sa première médaille au Concours général agricole en mars dernier, et pourtant la concurrence était rude. La Béarnaise a décroché une médaille d’argent ex aequo par exemple avec la Basque Etxeko Bob’s Beer, qui a déjà sa petite réputation. « Et encore, une partie de nos envois vers Paris s’est perdue, on n’a pas pu concourir dans toutes les catégories », dit Stéphane Juanchich.

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Au-delà, la Tute a aussi conquis la grande distribution dans le 64, le 65 et le 40, mais aussi les magasins comme La Table des producteurs, filiale d’Euralis, qui met en avant les produits locaux. Les amateurs semblent apprécier les tonalités subtiles de la Tute dans toutes ses gammes, quand les non-spécialistes, plutôt élevés au jurançon ou au madiran, sauront trouver de quoi étancher leur soif avec la fraîcheur et la force de l’IPA, par exemple, beaucoup moins marquée et amère que d’autres concurrentes. La formule idéale !

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