La SCOP, espace privilégié de l’apprentissage démocratique

0
19

A la question « Qu’est-ce qui change quand on travaille dans une société coopérative de production ? », les salariés-associés des SCOP répondent d’abord : « C’est mieux. » Puis, s’expliquent par une même expression, polysémique : « On sait pour quoi − pourquoi ? − on travaille. » Pour quel revenu, puisque les bénéfices sont répartis équitablement. « C’est là qu’on se rend compte que dans les autres entreprises, y’en a qui s’en mettent dans les poches », souligne Mickaël L’Hostis, 44 ans, monteur réseau à la Stepp, SCOP de travaux publics du Finistère.

« Ce qui se fait dans l’entreprise, c’est en notre âme et conscience » − Christophe Dangel, salarié chez Maurer-Tempé

« On aura la même part, Laure [Simon], la directrice, et moi, le manœuvre au fond de ma tranchée », insiste son collègue Fabien Henry, les pieds dans le sillon creusé entre deux pavillons. Par cette équité et un fonctionnement en toute transparence, chacun se perçoit comme aussi essentiel à la réussite de l’entreprise que les autres. Ce qui donne du sens au travail.

« Sur le chantier, on est libre de s’organiser comme on pense. Dans les boîtes d’habitude, on dit “t’as ton chef sur le dos”, mais nous non, c’est une confiance totale. C’est valorisant », explique, adossé à sa camionnette Erwan Choquer, 52 ans, dont vingt et un à la Stepp.

« Transparence »

Il est donc aussi question de dignité. De se sentir considéré comme des individus responsables, autonomes, et de pleins droits, quelle que soit sa fonction. « Ici, on ne nous prend pas pour des jambons ! », résume de toute sa gouaille Pascal Lecoq, vingt ans à la Stepp.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Pourquoi les SCOP sont des boucliers anticrise pour leurs salariés

L’agent d’entretien comme l’opératrice sur la chaîne de conditionnement ont leur place au conseil d’administration (CA), à condition d’être élu par leurs pairs. « Quand on s’est levé à 2 heures, participer au CA à midi est un effort, reconnaît Christophe Dangel, responsable du pôle charcuterie au sein de la SCOP Maurer-Tempé, en Alsace. Mais ça change tout ! On ne subit plus les conséquences de décisions prises par d’autres, ce qui se fait, c’est en notre âme et conscience. ». Ouvrier réseau à la Stepp, Grégory Corre candidate à un second mandat au CA : « Ça demande du travail mais j’ai appris beaucoup de choses, notamment sur les questions juridiques. »

« Les gens qui se sentent bien en SCOP se révèlent », estime Sébastien Fouillard, bras droit de Laure Simon, la PDG. Devant ceux qui pensent que fonctionnement démocratique rime avec chienlit, celle-ci s’étonne : « Les gens sont naturellement intelligents pour peu qu’on leur expose les choses avec transparence. »

Il vous reste 56.84% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici