« La rénovation thermique des bâtiments doit ouvrir la voie à une vraie politique de transition énergétique »

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A l’heure où le gouvernement demande de baisser le chauffage à 19 °C pour limiter nos consommations d’énergie, il a fait annuler par le biais d’un énième 49.3 deux amendements nécessaires qui avaient été votés par des députés de gauche et de droite en faveur de l’accélération de la rénovation thermique.

A la place, 100 millions d’euros seulement seront ajoutés au budget 2023 pour cette politique qui devrait être la grande priorité du pays. Cette décision incohérente intervient sur fond de crise majeure de l’énergie, et alors que 12 millions de personnes en France souffrent de précarité énergétique.

Parce qu’elles éprouvent des difficultés à maintenir une température acceptable dans leur logement et à faire face au coût des factures qui continuent d’augmenter, beaucoup souffrent des conséquences sur leur santé, vivent sous la menace de coupures d’électricité pour impayés ou sont amenées à devoir choisir entre se nourrir et se chauffer.

Un objectif de 700 000 rénovations globales par an

En 2017, le gouvernement s’était engagé à rénover toutes les passoires thermiques en dix ans. En 2022, il en reste près de 5,2 millions. Pour venir à bout de ces logements énergivores et indignes, nous devrions atteindre 700 000 rénovations globales par an, or le compte n’y est pas. Si la priorité est aux économies d’énergie, alors pourquoi aller à l’encontre du grand chantier de la rénovation, quand le secteur du bâtiment représente près de 20 % des émissions de gaz à effet de serre du pays ?

Avec 86 % des travaux qui ne concernent que de simples gestes de rénovation comme changer les fenêtres ou la chaudière, les quelques avancées obtenues ces dernières années sont loin de nous mettre sur les rails de nos objectifs climatiques et sociaux, comme le permettraient de vraies rénovations globales.

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Mais les subventions actuelles ne rendent pas possible le financement de ces rénovations performantes : les aides demeurent sous-dimensionnées, mal dirigées, difficiles à mobiliser et pour une bonne partie méconnues. Un ménage pauvre sera laissé avec un reste à charge moyen de 39 % après les aides, un montant rédhibitoire, lorsque l’on sait que ce type de travaux coûte entre 30 000 et 50 000 euros.

Des mesures à court et à moyen terme

Nos décideurs ont le devoir de mettre les moyens sur la table pour faire face à la crise qui arrive. C’est pourquoi nous demandons immédiatement la formulation d’engagements à moyen terme :

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  • L’engagement d’un budget de 5 milliards d’euros supplémentaires par an entre 2024 et 2040 doit être formulé pour rendre possible la rénovation globale et performante de 700 000 logements par an. La hausse programmée des aides publiques serait un puissant levier pour inciter les entreprises à se mettre au niveau, parallèlement à la mise en place d’une véritable politique de formation initiale et continue à la rénovation performante.

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