la remise de 18 centimes bénéficie davantage aux plus aisés qu’aux plus modestes

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Selon la dernière étude note du Conseil d’analyse économique, la ristourne a permis aux plus aisés d’économiser 18,50 euros sur un mois, contre 9,50 pour les ménages plus modestes.

Alors que sur le prix du carburant, l’exécutif et Les Républicains convergent vers un accord, à savoir une remise importante en septembre (probablement supérieure aux 18 centimes actuels), qui deviendrait moins significative à mesure que l’on s’approcherait de la fin de la période de soutien, en décembre, une étude du Conseil d’analyse économique (CAE) vient apporter de nouveaux éléments au débat.

Dans son étude sur «la situation financière des ménages en début de crise énergétique», l’organisme rattaché à Matignon estime que les plus aisés bénéficient le plus de la remise des 18 centimes par litre puisqu’ils sont les plus gros consommateurs d’essence. «Les plus gros consommateurs d’essence sont aussi des ménages parmi les plus aisés. La remise de 18 centimes sur le prix à la pompe a donc un caractère régressif. Elle a bénéficié deux fois plus au dernier décile (environ 18,50 euros) qu’au premier décile (9,50 euros)», précise la note du CAE.

«Ça bénéficie deux fois plus aux personnes les plus aisées»

Une situation confirmée par Philippe Martin, président délégué du CAE, vendredi sur France Inter : «Les 10% les plus riches dépensent à peu près 200 euros en essence par mois en moyenne, les 10% les plus pauvres environ 100 euros. Le calcul est facile, ça va bénéficier deux fois plus aux personnes les plus aisées». Et d’ajouter : «De ce point de vue, on est plutôt favorable à des mesures ciblées plutôt qu’à une baisse généralisée du prix de l’essence.» A contrario donc de l’option privilégiée par le gouvernement.

Au total, environ un tiers des ménages sont considérés comme «dépendants» de l’essence, c’est-à-dire que les frais de carburants représentent au moins 8% de leur consommation totale. Cependant, seule «une petite moitié d’entre eux» serait «contrainte financièrement». Ces Français dépendants de leur automobile et contraints financièrement sont le plus souvent des ménages ruraux, des jeunes célibataires, des ouvriers et employés, détenteurs d’un faible patrimoine financier. Une dépendance envers l’essence, accompagnée de la flambée des prix, qui les a donc obligés à ajuster leurs autres dépenses.

Cependant, malgré la hausse des prix du carburant et une inflation à 5,8% en juin 2022, le CAE n’observe pas à ce stade «de dégradation très forte et généralisée de la situation financière des ménages». Même du côté des ménages les plus modestes, «nous ne constatons pas d’augmentation récente des ménages avec un compte courant négatif», à l’exception des retraités.

Les ménages modestes ont toutefois intégralement utilisé leur surcroît d’épargne datant de la période Covid-19. «Depuis juin 2021 et jusqu’en juin 2022, leur épargne en euro est quasi inchangée ce qui implique qu’elle a été réduite en termes réels du montant de l’inflation», note l’organisme. De l’autre côté, même si l’épargne des ménages les plus aisés s’est légèrement repliée ces derniers mois, elle reste tout de même à un niveau élevée puisque «en juin 2022, leur stock d’épargne serait ainsi supérieur de plus de 10%» au niveau d’avant crise sanitaire.

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