La petite filière des granulés de bois de chauffage sursollicitée

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Des clients qui passent commande sur Internet et ne sont jamais livrés. Des entreprises qui envoient de la marchandise et se voient en échange gratifiées de chèques en bois. Ces derniers mois, les granulés de bois n’auront pas dérogé à la règle de tout secteur en proie à un mouvement de panique : des escrocs ont tiré parti des pénuries apparues sur ce marché pour échafauder une pléthore d’arnaques.

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Voulant se prémunir contre la flambée des prix du gaz et de l’électricité, nombre de Français se sont en effet rués sur ces pellets pour se chauffer cet hiver, occasionnant au passage des phénomènes de surstockage et de flambée des prix. En octobre, en l’espace d’une année, le sac de granulés de 15 kilos avait ainsi vu son prix passer de 6 à 10 euros environ, soit une hausse de près de 67 %. Dans une moindre mesure, celui des bûches de bois, également plus recherchées, s’est apprécié de l’ordre de 20 % depuis juillet.

« Au lieu d’acheter en saison, les clients ont fait leurs emplettes de quatre à six mois à l’avance par rapport à d’habitude. Chacun a demandé sa tonne de pellets, ce qui a représenté des volumes monstres », raconte Eric Vial, délégué général de l’association consacrée au secteur Propellet France, basée à Chambéry. « Les distributeurs recevaient de 200 à 300 coups de fil par jour, pour certains de personnes hyperagressives. Certains ont donc préféré ne plus prendre de nouveaux clients », se souvient-il.

Coûts de production en hausse

Ces comportements anxieux – que d’aucuns comparent au « syndrome » du papier toilette ou des pâtes observé pendant la pandémie de Covid-19 – n’ont fait qu’aggraver une inflation déjà bien engagée. Entre la fin 2021 et l’été 2022, les prix des granulés de bois avaient été multipliés par deux. Sur cette période, les coûts de production se sont envolés, sous l’effet conjugué de l’augmentation des tarifs de l’électricité, du gaz (pour sécher les granulés), du transport, et de la matière première, comme la sciure de bois.

Une tension exacerbée par le recul, depuis quatre mois, du marché de la construction, qui, par ricochet, engendre un ralentissement du sciage du bois et donc de la production de ces copeaux verts. Parallèlement, la demande s’est accélérée sous l’effet des politiques gouvernementales – et notamment du dispositif MaPrimeRénov’ –, qui ont encouragé les Français à remplacer leurs installations au fioul ou au gaz par des poêles ou des chaudières à bois.

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En 2021, selon l’Observatoire des énergies renouvelables, les ventes de ces appareils ont bondi de plus de 34 % par rapport à 2020. Résultat, « le rythme d’installation des appareils à bois est supérieur à la capacité d’approvisionnement », estime Frédéric Plan, délégué général de la Fédération française des combustibles, carburants et chauffage. Avant de prévenir que « cet écart devrait rester de l’ordre de 5 % si tout va bien, et s’accroître de 15 % si l’hiver est difficile ».

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