Inflation : « Maintenant, la grande peur des entreprises, c’est que les clients fuient »

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A La Bruffière, en Vendée, l’hiver a été moins rude que prévu, et pas seulement sur le thermomètre. « Nous étions très inquiets en septembre, mais la situation sur le marché de l’énergie s’est fortement détendue », explique Eric Jacquemont, le PDG de Defontaine. Cette entreprise industrielle, qui travaille pour l’aéronautique, l’éolien ou l’automobile, a déployé d’« énormes » efforts de sobriété : en quelques mois, sa consommation d’électricité a baissé de 10 %, celle de gaz de 29 %, permettant de limiter la hausse de la facture. Mais M. Jacquemont, pas plus que d’autres chefs d’entreprise, ne se dit sorti d’affaire. « Grâce à une météo clémente, nous avons pu passer ce cap de l’hiver. Mais nous devons continuer à travailler sur notre consommation d’énergie, confie le dirigeant. Pour ce qui est d’absorber les surcoûts, c’est une autre histoire. La rentabilité commence à faiblir. »

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Car si la bombe à retardement que constituaient les prix de l’énergie s’éloigne, d’autres voyants clignotent désormais sur le tableau de bord des entreprises. « La situation est très variable, admet Alexandre Montay, délégué général du Mouvement des entreprises de taille intermédiaire (METI). Elle dépend notamment de la façon dont chacune a négocié son contrat de fourniture d’énergie. Sur un millier d’entreprises adhérentes au METI, environ 50 ont signé leur contrat d’électricité quand les prix étaient au plus haut. » Celles-là se retrouvent dans des situations inextricables, comme cet industriel de l’agroalimentaire qui doit s’acquitter d’une facture d’un million d’euros tous les mois pour faire tourner son usine.

Les autres, qui sont parvenues à renégocier des contrats à des conditions plus acceptables, tentent d’en répercuter une partie dans leurs prix de vente. Selon une enquête réalisée en janvier par la chambre du commerce et de l’industrie d’Ile-de-France auprès de 1 438 entreprises, la hausse des prix de l’énergie aura un impact « important » pour 46 % d’entre elles, et même « très important » pour 41 %. Plus d’un dirigeant sur deux estime qu’à moyen terme, son entreprise est en danger. Pour pallier ces difficultés, près de la moitié d’entre elles ont déjà augmenté leurs prix de vente – en même temps qu’elles ont engagé un plan d’économies d’énergie, voire réduit la rémunération du dirigeant. Et ce n’est pas fini : 39 % des chefs d’entreprise estiment qu’ils vont relever leurs prix en 2023 et un gros tiers d’entre eux envisagent de reporter des investissements.

Un vrai plan d’austérité

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