Hausse des prix, baisse d’activité… Ces signes qui laissent craindre une récession d’ici la fin de l’année

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l’essentiel
Avec une inflation galopante et une activité économique qui se contracte, va-t-on droit vers la récession ? 

Qu’il semble loin le temps où certains rêvaient à de nouvelles Années folles après l’épidémie de Covid-19. Les perspectives de reprise économique étaient enthousiasmantes et les feux au vert partout dans le monde. Las ! L’invasion de la Russie par l’Ukraine, le 24 février dernier, a chamboulé ce beau scénario, provoquant une crise énergétique sans précédent, une crise alimentaire mondiale, un renchérissement de nombreuses matières premières et au final une inflation galopante qui pourrait atteindre les 10% pour les consommateurs dans les rayons des supermarchés.

L’inflation est actuellement autour de 6 % et elle devrait continuer d’augmenter d’ici la fin de l’année comme l’a admis début août le ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, Bruno Le Maire, qui s’est voulu toutefois rassurant, assurant avoir « bon espoir » quant à « un reflux de l’inflation » au début de l’année 2023.

En Allemagne, une récession “probable” selon la Bundesbank

Reste que cette situation a contribué à un ralentissement de l’activité économique et donc à la chute de croissance. La perspective de voir une chute du produit intérieur brut (PIB) sur au moins deux trimestres consécutifs nous conduirait donc à entrer en récession.

Lundi, l’euro est retombé sous la parité avec le dollar pour la première fois depuis mi-juillet. Joachim Nagel, le président de la Bundesbank allemande,a jugé “probable” une récession en Allemagne au cours de l’hiver si la crise de l’énergie s’aggrave. “La probabilité d’une récession en Allemagne est de plus en plus forte et l’inflation pourrait culminer à plus de 10 % cet automne, estimait lundi la Bundesbank dans son rapport mensuel.

Et les perspectives ailleurs en Europe sont inquiétantes. “Les prévisions de croissance sont régulièrement revues à la baisse et les resserrements monétaires pour lutter contre l’inflation, qui atteignait 9,1 % aux États-Unis et 8,6 % dans la zone euro en juin 2022, risquent de plonger l’économie mondiale dans la stagnation, sinon la récession, sans pour autant parvenir à juguler une inflation dont les causes structurelles s’amoncellent (mondialisation moins dynamique, transition écologique et rattrapage salarial)”, expliquent dans The Conversation Isabelle Bensidoun et Jézabel Couppey-Soubeyran, coordinatrices de l’ouvrage “L’économie mondiale 2023” à paraître le 8 septembre.

L’économie française “a basculé en zone de contraction”

Selon un indicateur provisoire publié mardi par S&P Global, le PMI Global, l’économie française “a basculé en zone de contraction pour la première fois depuis presque un an et demi” au mois d’août. L’indice flash composite de l’activité globale, qui mesure l’activité du secteur privé, s’est, en effet, replié en août à 49,8, contre 51,7 en juillet. L’indice PMI global de la zone euro s’est lui aussi replié pour s’établir à 49,2 points, son niveau le plus bas depuis 18 mois…

S&P Global pointe notamment la forte baisse d’activité dans le domaine des services, coupant net le rebond post-Covid. “La baisse de la production est désormais observée dans toute une gamme de secteurs, des matériaux de base et des entreprises automobiles aux entreprises du tourisme et de l’immobilier”, explique Andrew Harker de S&P Global Market Intelligence. “La poursuite de la baisse des PMI en août suggère qu’une récession au cours du semestre hivernal est de plus en plus probable, prédit de son côté Christoph Weil, économiste de Commerzbank interrogé par Reuters.

Mais le moral des ménages français rebondit

Seul point positif, le moral des ménages en France a rebondi. En août, la confiance des ménages s’améliore légèrement après 7 mois consécutifs de baisse. À 82, l’indicateur qui la synthétise augmente de deux points mais reste bien au-dessous de sa moyenne de longue période (100 entre janvier 1987 et décembre 2021)”, indique l’Insee.

Les Français semblent conserver un peu d’optimisme sur l’évolution des prix : “La part des ménages estimant que les prix vont accélérer au cours des douze prochains mois diminue de nouveau, d’une façon plus nette que le mois précédent : le solde correspondant perd huit points. Il demeure néanmoins bien au-dessus de sa moyenne de longue période”.

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