Glaces, climatiseurs… Ces produits sur lesquels les Français se ruent pendant la canicule – Edition du soir Ouest-France

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Après les périodes de fortes chaleurs comme celles déjà enregistrées en France en mai et mi-juin 2022, la canicule devrait faire son retour à l’occasion du pont du 14 juillet. Avec le dérèglement climatique, ces épisodes se multiplient. Et certains secteurs en tirent profit.

Une vague de chaleur s’apprête à nouveau à submerger la France. Un épisode qui témoigne, s’il le fallait, du réchauffement climatique, non sans conséquences dramatiques. Les Français, quant à eux, bouleversent leurs habitudes d’achats.

Les ventes de boissons au beau fixe

Ils recourent évidemment en premier lieu au secteur des boissons. La transpiration participant à la régulation de la température corporelle, elle augmente les pertes en eau et en sels minéraux : la consommation d’eau doit alors être renforcée. D’où une hausse des ventes de bouteilles minérales, qui bénéficient aussi des achats massifs anticipés par les entreprises des transports (SNCF, sociétés d’autoroute…) pour disposer de stocks à fournir à leurs usagers en cas de canicule.

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Qu’en est-il du côté de la restauration ? « Une météo favorable avec des températures douces et un temps ensoleillé profite au secteur », observe Maxime Petitfrère, le directeur régional grand Ouest de France Boissons, le principal distributeur auprès des hôtels, cafés et restaurants. « Mais lorsque la météo sort de la normalité (vents violents, canicule, fortes chaleurs, ou pluie…), les consommateurs ont plutôt tendance à rester chez eux. On note une augmentation de nos ventes de bouteilles d’eau mais pas d’autre changement au niveau de nos ventes. »

Portées par une météo favorable et la reprise du secteur du tourisme au deuxième trimestre, les tendances de ventes cette année sont néanmoins « très bonnes avec une hausse de 10 % du volume de ventes par rapport à juin 2019, notre année de référence », confie Maxime Petitfrère. Même s’il reste vigilant sur le contexte actuel d’inflation avec un pouvoir d’achat en baisse.

Les rayons de glaces dévalisés

Avec les fortes chaleurs, les ventes de glaces se portent très bien. (Photo d’illustration : Getty Images / iStockphoto)

Les achats de glaces connaissent aussi des envolées. Avec 72 % des ventes (en volume) réalisées chaque année entre avril et septembre, « les glaces sont un marché saisonnier, forcément marqué par les fluctuations météo », rappelle Timothée Arar-Jeantet, le secrétaire général de l’Association des entreprises des glaces.

En mai 2022, mois de mai le plus chaud relevé en France depuis l’après-guerre selon Météo France, les glaces se sont arrachées dans les rayons de supermarchés de +30 % en valeur et +27 % en volume par rapport à mai 2021, selon l’institut Nielsen. Plus globalement, « de fin février à fin mai, on constate une évolution de +8 % en valeur entre 2021 et 2022 », précise Timothée Arar-Jeantet, alors que « la catégorie des glaces avait déjà signé en 2021 sa deuxième meilleure année en valeur, avec 1,2 milliard d’euros de chiffre d’affaires ».

Sur quoi portent ces achats ? Les formats préférés des Français restent les bâtonnets hors format mini, les cônes hors mini et les bacs. Les nouveautés – saveurs plus fraîches, recettes vegan, glaces naturelles, réduites en sucre – marchent également bien dans ce marché qui progresse chaque année de 3 %.

Les stocks de climatiseurs et ventilateurs s’écoulent

D’autres secteurs tirent aussi leur épingle du jeu en période de fortes chaleurs. Comme les climatiseurs, rafraîchisseurs ou ventilateurs, largement mis en avant dans les magasins d’équipements électroménagers. La vague de chaleur enregistrée mi-juin 2022 a été l’occasion pour de nombreuses enseignes d’écouler les stocks dont elles disposaient depuis 2021, période sans pic de chaleur.

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Reste qu’ils n’apportent pas les mêmes fonctionnalités ni le même impact sur l’environnement, pointe UFC Que choisir. Les climatiseurs s’avèrent les plus efficaces pour rafraîchir, mais en avoir un fixe nécessite des travaux à la maison. Tandis que la version mobile s’avère « aussi la solution la plus énergivore et la moins écologique », en raison du fluide frigorigène utilisé pour refroidir l’air, note l’association de consommateurs. Le ventilateur, lui, se contente de brasser l’air avec ses pales.

Quant au rafraîchisseur d’air ou refroidisseur d’air, il utilise le principe de refroidissement par évaporation. Ses différents modèles sont « deux à trois fois moins chers que les climatiseurs mobiles et finalement pas beaucoup plus chers que certains ventilateurs dont les prix atteignent maintenant des sommets », estime UFC Que Choisir. Mais « en cas de températures extrêmes, leur pouvoir rafraîchissant risque d’être insuffisant. » Quant aux humidificateurs d’air, ils « sont utiles pour pallier les effets d’un air sec, mais ne vous permettront pas de rafraîchir la pièce en cas de canicule », selon l’association.

« 1,6 climatisation posée par minute »

Côté ventes, celles des ventilateurs avaient déjà beaucoup progressé ces dernières années, de nombreux bâtiments ayant été équipés en raison des nouvelles réglementations environnementales, puis des impératifs de qualité de l’air liés au Covid. Le marché de la clim est en hausse constante depuis la canicule de 2004, selon la société Thermor. « En 2021, le marché français du split (Système avec une unité intérieure et une unité à l’extérieur) était de 840 000 unités, soit 1,6 climatisation posée par minute en France. En 2022, on anticipe une prévision à +10 %. »

Mais les pratiques évoluent, explique Madyou Toure, le président du comité stratégique Froid & Climatisation du syndicat d’industriels Uniclima. « On constate une évolution : aujourd’hui on n’achète plus un produit de climatisation pour deux-trois mois. Une partie des utilisateurs se laissent tenter par les pompes à chaleur réversibles qui font chauffage et climatisation et sont ainsi utilisables toute l’année. Et des produits plus durables comme les « multisplits » et des fluides à faibles PRP (le potentiel de réchauffement planétaire, qui désigne l’impact d’un fluide frigorigène en matière de réchauffement climatique, N.D.L.R.) à l’impact environnemental divisé par trois ». Les pompes à chaleur profitent aussi des aides à la rénovation énergétique.

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