France Inter, la radio la plus écoutée de France, échappe au marasme du secteur

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La dernière livraison des audiences de la radio fournie par Médiamétrie, jeudi 17 novembre, comporte son lot de records historiques. Le premier d’entre eux donne le ton : jamais, depuis vingt ans, une rentrée n’a donné lieu à des audiences aussi faibles pour le média. Même si 70 % des Français ont continué de l’écouter tous les jours en septembre et octobre (71,1 % d’audience cumulée), ils sont, pour la première fois, moins de 40 millions (39,3 millions) à s’être branchés sur une station, soit une fuite de 1,3 million en un an (74,2 % et 40,6 millions). Aucune catégorie de programme (musicale, généraliste, thématique, ou les radios indépendantes) n’échappe à cette désaffection.

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Dans ces conditions, France Inter réalise, avec 12,3 % d’audience cumulée (+ 0,4 point), « la deuxième meilleure rentrée » de son histoire, peut se flatter sa nouvelle directrice, Adèle Van Reeth. « La Matinale », allongée d’une demi-heure pour s’achever à 9 h 30, rassemble 4,6 millions d’auditeurs, soit 319 000 de plus sur un an. « Je m’en réjouis, car c’était un changement important de la grille de rentrée », souffle la dirigeante.

Autre réchappée du marasme, RMC voit, elle aussi, son audience cumulée augmenter : à 5,8 % (+ 0,2 point). « Un gain de 150 000 auditeurs dans un marché qui en perd 1,3 million, c’est un exploit », se réjouit son directeur, Karim Nedjari, qui se félicite d’avoir « recentré la station sur les préoccupations des Français ». Désormais assurée par Apolline de Malherbe, l’interview politique du matin fait de meilleurs scores que ceux de Jean-Jacques Bourdin en 2021 (+ 18 %).

RTL sous la barre symbolique des 10 % d’audience cumulée

Du côté des autres généralistes, les performances sont historiquement négatives. Avec 9,9 % d’audience cumulée (– 0,8 point sur un an), RTL, qui a choisi de multiplier les pastilles d’humour dans sa matinale, passe sous la barre symbolique des 10 % pour la première fois depuis 2002. A 5,1 %, un score plancher pour elle, France Bleu accuse une chute de 1,1 point, la plus forte du marché. Quant à Europe 1, elle continue d’assister à la fuite inexorable de ses auditeurs : avec 3,7 % d’audience cumulée, elle perd 0,7 point en un an.

Dans ce contexte, chacun trouve de la satisfaction là où il le peut. « Notre part de marché [qui combine volume et durée d’écoute] n’a jamais été aussi haute », défend Régis Ravanas, le directeur général des activités audio du groupe M6 (RTL, RTL2, Fun Radio), qui rappelle l’intérêt porté par les annonceurs à ce critère. Le marché publicitaire, concède-t-il cependant, ne promet pas une fin d’année des plus heureuses.

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« L’empreinte numérique de France Bleu est bonne, note de son côté Laurence Bloch, désormais directrice des antennes et de la stratégie éditoriale de Radio France. Il nous faut trouver comment convertir ces visiteurs du site en auditeurs, et faire revenir un public CSP- qui est celui qui s’éloigne le plus des médias traditionnels, considérés comme institutionnels ».

A la tête de Franceinfo, en baisse de 0,3 % (à 8,7 % d’audience cumulée), Jean-Philippe Baille aussi se réjouit qu’elle ne soit plus seulement une radio : « On est contents de s’être positionnés multisupport », reconnaît-il, en référence aux développements numériques et télévisés qui ont été lancés. Quant au climat anxiogène qui pousse une partie du public à se détourner de l’information, il affirme que « [la] réponse doit être d’expliquer, d’analyser, car quand on comprend mieux les choses, on en a moins peur ». Avec 3,1 % d’audience cumulée (+ 0,2 point), France Culture n’a d’ailleurs jamais connu rentrée plus porteuse.

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