fin du mouvement à Paris, cinquante vols annulés à Bordeaux

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Au premier jour des grandes vacances, vendredi 8 juillet, les employés des aéroports parisiens ont voté la levée de leur préavis de grève, après avoir obtenu des revalorisations salariales de la part de leur direction, a constaté une journaliste de l’Agence France-Presse. Le même jour a commencé à l’aéroport de Bordeaux-Mérignac un mouvement de grève du personnel de la société gestionnaire de la plate-forme, a annoncé la direction.

Réunis en assemblée générale à Roissy – Charles-de-Gaulle, les salariés ont entériné un accord prévoyant une augmentation générale de 3 % pour tous les employés de Groupe ADP (anciennement Aéroports de Paris), gestionnaire des installations aéroportuaires. A cette augmentation s’ajoutent une revalorisation des grilles salariales et une remise à niveau des rémunérations de quelque 1 800 personnes dont les salaires étaient inférieurs au niveau de référence de 2019, selon les détails communiqués par la CGT.

En 2021, les employés de Groupe ADP avaient accepté de réduire leur salaire pour permettre à l’entreprise de traverser la crise provoquée par l’épidémie de Covid-19 – qui a divisé par trois le nombre de clients des aéroports parisiens en 2020. Le groupe a aussi mené un plan de départs volontaires et s’était engagé à ce que les salaires retrouvent leur niveau d’avant la crise dès que les effets de celle-ci sur le trafic se seraient dissipés.

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Perturbations évitées

Or, certains trajets ont déjà dépassé leur niveau d’activité de 2019, en particulier les liaisons vers l’outre-mer ou encore celles, saisonnières, vers le sud de l’Europe. Et Groupe ADP prévoit de dégager un bénéfice dès cette année, après avoir perdu plus de 1,4 milliard d’euros cumulés entre 2020 et 2021.

Le préavis de grève qui avait été initialement déposé jusqu’à dimanche soir sera formellement levé vendredi à 18 heures, a précisé en assemblée générale le délégué syndical de la CGT-ADP, Daniel Bertone.

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La fin du conflit devrait permettre d’éviter des perturbations dans les aéroports de la région parisienne, qui attendent des dizaines de milliers de voyageurs en ce premier week-end de grands départs estivaux.

Jeudi, la perspective d’annulations de vols s’était déjà éloignée en raison de la signature d’un accord entre Groupe ADP et les pompiers de l’entreprise, qui réclamaient eux aussi une revalorisation. Le mouvement des soldats du feu, entamé le 30 juin, s’était traduit la semaine dernière par la suppression préventive de centaines de vols au départ ou à l’arrivée de Roissy, premier aéroport français.

La direction générale de l’aviation civile (DGAC) avait imposé ces annulations préventives au nom de la sécurité : la réduction du nombre de pompiers disponibles avait rendu nécessaire de fermer une partie des pistes.

Des dizaines d’annulations à Bordeaux

Le syndicat FO de la société Aéroport de Bordeaux-Mérignac, qui emploie quelque deux cents agents, a lancé un appel à la grève pour une durée de quatre jours à partir de vendredi. A la mi-journée, 28 % des vols programmés vendredi étaient supprimés, en deçà des prévisions communiquées la veille par la direction, qui prévoyait 40 % d’annulations.

La plupart des annulations sont surtout à prévoir à partir de 13 heures et jusqu’à la fin de la journée, a précisé par ailleurs la direction.

Selon le syndicat FO, quatre-vingts agents, c’est-à-dire la moitié des effectifs présents, sont grévistes. « C’est un mouvement historique à l’aéroport par son ampleur », a commenté une source syndicale FO.

Ce mouvement social s’inscrit dans un climat de tensions entre la direction de l’aéroport et le personnel de la société exploitante chargée notamment de la maintenance et de la mise à disposition des infrastructures et des équipements.

FO dénonce des « sous-effectifs depuis des années » et la dégradation des conditions de travail, à l’origine de « burn-out ». Il réclame des « moyens humains [supplémentaires] et une hausse des salaires de 300 euros bruts par mois pour tous les agents ».

« Depuis 2010, on stagne à deux cents salariés mais, dans le même temps, entre 2010 et 2019, le trafic aérien a doublé. En quatre, cinq ans, les arrêts de travail ont été multipliés par quatre, car nos agents sont épuisés moralement et physiquement », a souligné la source syndicale.

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Le Monde avec AFP

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