Esther Duflo dans « Le Monde », d’étudiante à prix Nobel

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Invitée pour la première fois par le Collège de France en 2008 pour y délivrer une série de conférences, Esther Duflo devient, cette année, titulaire de la chaire « Pauvreté et politiques publiques ». Ce 24 novembre, elle y tiendra sa leçon inaugurale, « Expérience, science et lutte contre la pauvreté (presque) quinze après », la première d’une série qui va s’étaler sur toute l’année 2023.

Le nom du Prix Nobel d’économie 2019 apparaît pour la première fois dans Le Monde dans des circonstances pour le moins singulières. Celle qui est encore étudiante, élève de l’Ecole normale supérieure et, brièvement, assistante de recherche à l’European Expertise Service, à Moscou, signe, le 6 septembre 1994, une enquête en « une » du supplément « Economie » intitulée « Quand la mafia évince l’Etat », sur les désordres de la transition en Russie, alors que cet ancien régime communiste se reconvertit à l’économie de marché. « En Russie, la mafia s’est constituée en pouvoir économique, ­débordant le cadre des activités traditionnelles, et se substituant à l’État, qu’elle concurrence par ailleurs », écrit la jeune fille, alors âgée de 21 ans. La lutte contre la corruption restera l’un des axes de recherche de l’économiste franco-américaine.

Lorsqu’Esther Duflo apparaît pour la deuxième fois dans le quotidien du soir c’est, déjà, pour figurer sur un tableau ­d’honneur. Dans l’édition du Monde du 3 juillet 1996, elle est citée parmi les lauréats de l’agrégation de sciences sociales. La liste est alphabétique, le classement est précisé entre parenthèses : la candidate est reçue à la 10e place.

Au plus près des inégalités

Ce n’est que dix ans plus tard, le 20 mai 2003, que son nom revient dans les colonnes du journal, pour signaler l’attribution, par le jury du « Monde économie » et du Cercle des économistes, du prix du meilleur jeune économiste à Pierre-Cyrille Hautcœur, tout en honorant, au titre de nominés, Philippe Askenazy et Esther Duflo. Maîtresse de conférences au Massachusetts Institute of Technology (MIT), où elle a soutenu sa thèse de doctorat sur des questions liées au développement, Esther Duflo est, selon le journaliste Serge Marti, représentative « de la croissante pluridisciplinarité qu’exigent l’apprentissage et l’enseignement de l’économie ».

« La nécessité de penser aux questions soulevées par la globalisation, les inégalités, a incité une série de jeunes théoriciens à se pencher sur les questions de développement. Souvent de façon très empirique, proche du terrain. » Esther Duflo en 2003

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