En Chine, les émeutes dans la principale usine d’iPhone du monde révèlent les limites du zéro Covid

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Eclairée par la lumière blafarde des lampadaires, une foule compacte d’ouvriers brandissant des barres de fer fait reculer une petite troupe de policiers, enveloppés dans des combinaisons blanches. Sur les nombreuses vidéos de ces scènes partagées sur les réseaux sociaux, les coups pleuvent et des cris retentissent : « la police frappe les gens », « payez nos salaires », « à bas Foxconn » ou encore « défendez vos droits ».

Depuis le mardi 22 novembre et pendant au moins quarante-huit heures, des milliers d’ouvriers de Foxconn, qui assemblent notamment les iPhone d’Apple, ont protesté pour demander le paiement de primes promises pour les nouvelles recrues, alors que la production est perturbée par les restrictions liées à la politique zéro Covid. D’autres vidéos, rapidement censurées, montrent des travailleurs copieusement battus par des hommes en blanc, embarqués par la police ou blessés.

Après deux jours d’affrontements, Foxconn a décidé d’acheter la paix sociale en proposant, jeudi 24 novembre, 10 000 yuans (1 340 euros), soit deux mois de salaire environ, à ceux qui choisiraient de rentrer chez eux. L’entreprise a également présenté ses excuses : « Nous nous excusons pour une erreur de saisie dans le système informatique et garantissons que le salaire effectif correspond à ce qui a été promis sur les publicités de recrutement », a annoncé l’entreprise dans un communiqué. L’erreur devrait coûter cher à Foxconn et Apple, qui dépend de l’usine de Zhengzhou pour 80 % de ses derniers iPhone 14. Début novembre, la marque à la pomme avait déjà reconnu des retards de production à cause du foyer de Covid-19 au sein du campus géant de Zhengzhou, surnommé « iPhone City ».

Fin octobre, en effet, des dizaines de milliers de salariés de Foxconn avaient fui le site où les cas de Covid-19 se multipliaient, dénonçant la gestion chaotique de la situation : conditions spartiates, manque de nourriture et manque de réactivité pour empêcher la diffusion de la maladie. Véritable ville dans la ville, avec environ 200 000 employés, l’usine Foxconn fonctionnait en circuit fermé depuis les premiers cas enregistrés mi-octobre. Des images diffusées sur les réseaux montraient des ouvriers escaladant les barrières du campus avant de prendre la route à pied sur des dizaines de kilomètres pour rentrer chez eux.

Depuis, Foxconn a lancé une grande campagne de recrutement, en pleine saison de production des iPhone, à l’approche de Noël. L’entreprise avait augmenté les salaires et promis des primes alléchantes, de 3 000 yuans (402 euros) par employé.

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