EDF suspendu en attendant un communiqué de l’État – 13/07/2022 à 09:11

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(AOF) – A la suite des annonces de la Première ministre Élisabeth Borne et après échanges avec l’Autorité des marchés financiers, EDF a demandé la suspension de la cotation de ses titres de capital jusqu’à nouvel ordre. Aucune autre communication ne sera faite par la société à ce sujet jusqu’à la publication par l’Etat d’un communiqué.


AOF – EN SAVOIR PLUS


Points clés

– Numéro un mondial de l’énergie bas carbone créé en 1946 avec 38,5 millions de clients dans le monde et 117,3 GW de capacités installées : 60 % dans le nucléaire, 18 % dans l’hydraulique, 8 % dans les énergies renouvelables, 9 % dans le gaz, 3 % dans le fioul et 2 % dans le charbon ;

– Chiffre d’affaires de 84,5Mds€ et capacités installées de 117,3 GW: 60 % dans le nucléaire, 18 % dans l’hydraulique, 8 % dans les énergies renouvelables, 9 % dans le gaz, 3 % dans le fioul et 2 % dans le charbon ;

– Modèle d’activité « Cap 30 » avec 3 axes stratégiques : l’accompagnement des clients vers la neutralité carbone via 10 Mds de revenus dans les services, le rang de 1er producteur mondial d’électricité nette en CO2 et le rôle d’acteur mondial de la transition énergétique ;

– Capital détenu à 83,88 % par l’Etat, Jean-Bernard Lévy étant PDG du conseil d’administration de 18 membres ;

– Bilan assaini en avril avec dette nette (noté A du fait de la garantie de l’Etat) de 42,3 Mds€, qui sera renforcé entre 2022 et 2024 par le plan de cession de 3 Mds€.


Enjeux

– 4 plans stratégiques : la mobilité électrique – 30 % de parts de marché de la fourniture d’électricité aux véhicules électriques d’ici 2023 en France, Royaume-Uni, Italie et Belgique-, le stockage -10 GW installés dans le monde en 2035-, le solaire – 30 % du marché en France en 2035- et le plan Excell pour la filière nucléaire française ;

– Stratégie d’innovation dédiée à la transformation digitale, aux process de production, aux systèmes électriques futurs et à la décarbonation des usages des clients : budget R&D de 661 Ms€ avec 756 innovations brevetées, fonds et incubateur EDF Pulse Croissance et partenariats de recherche (laboratoire Sinclair, 5g living Lab, informatique quantique…) ;

– Stratégie environnementale incluse dans la raison d’être du groupe : neutralité carbone en 2050 et réduction de 50 %, vs 2017 des émissions en 2030, 99 % des budgets d’exploitation dédiés à la décarbonation et la transition énergétique, 8,755 Mds€ de financements « verts et durables » et 72 % des lignes de crédit indexées sur les indicateurs ESG ;

– Lancement du programme de construction de 6 EPR2 et des études sur 8 autres ;

– Maintien de prix de gros élevés compensant partiellement la limitation par l’Etat de la hausse des prix aux particuliers sur le bénéfice d’exploitation ;

– Opérateur intégré, de la conception et fabrication de réacteurs nucléaires, par le biais de Framatome, détenue à 75 %, aux côtés de Mitsubishi (19,5 %) jusqu’à la distribution.


Défis

– Activité encadrée par la loi NOME (libre concurrence entre tous les acteurs du marché et revente du quart de la production d’électricité nucléaire d’EDF à ses concurrents) et prix de l’électricité administrés en France d’où un coût de maintien du réseau peu inclus dans les tarifs ;

– Résolution des problèmes de corrosion touchant les réacteurs, entraînant une fermeture de près de la moitié des capacités de production;

– Impact du conflit Russie-Ukraine : volatilité des matières 1ères, tensions dans l’approvisionnement ;

– Neutralisation de l’avantage concurrentiel du nucléaire par l’obligation de vendre l’électricité aux industriels au prix du marché et fermetures ou mise en maintenance de centrales nucléaires, pénalisantes pour la production 2022 ;

– Spéculations sur un retrait de la cote par l’Etat ;

– Objectif 2023 d’un levier de dette inférieur à 3.


Menace sur le système énergétique européen

Premier importateur de gaz allemand, Uniper affiche 54 % des volumes qu’il achète en provenance de Russie. Suite à la guerre en Ukraine, le groupe doit acquérir les volumes qui lui manquent sur le marché au comptant, dont les prix ont explosé. En difficulté, il a sollicité une aide de l’Etat allemand, ce qui fait peser des inquiétudes sur l’ensemble des énergéticiens européens. Néanmoins l’allemand RWE et le français Engie ont réagi en faisant valoir que leur situation était très différente. RWE a souligné qu’il était moins dépendant du gaz russe. Quant à Engie, il bénéficie de la diversification de ses sources d’approvisionnement, avec une augmentation des volumes de GNL livrés en France et des contrats avec la Norvège et l’Algérie. Par ailleurs le groupe a adapté sa stratégie de couverture pour renforcer sa résilience.

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