EDF espère reconnecter 42 réacteurs nucléaires sur 56 au réseau d’ici à la fin de l’année

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Une fuite, constatée au sein du circuit primaire du réacteur numéro un de la centrale de Civaux (Vienne), est venue s’ajouter aux nombreuses difficultés rencontrées par EDF pour faire fonctionner son parc nucléaire. Survenue le 2 novembre, lors d’un test hydraulique, alors que le réacteur était à l’arrêt et ne contenait pas de combustible, elle est présentée comme sans gravité, mais aucune de ce type n’avait jamais été observée dans l’une des centrales françaises jusqu’ici.

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« Il n’y a aucun risque pour l’environnement, ni pour la santé publique », a assuré Karine Herviou, directrice générale adjointe de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), dans une interview à Franceinfo publiée le 7 novembre. EDF précise qu’aucun intervenant n’a été contaminé ou blessé. Lors du contrôle de l’étanchéité du circuit primaire principal – qui refroidit le cœur du réacteur –, un dispositif spécifique utilisé pour ce test n’a pas résisté à l’augmentation de la pression, ce qui a provoqué l’inondation d’un local adjacent du bâtiment réacteur, où la radioactivité est élevée (150 millisieverts).

« C’est une sorte de bouchon qui a sauté, sans doute parce qu’il avait été mal vissé, précise Karine Herviou au MondeMais il n’y a pas de défaillance du circuit lui-même ni d’enjeu de sûreté. » Ce type de contrôle est réalisé à chaque visite décennale. Le redémarrage du réacteur de Civaux, arrêté depuis août, était prévu pour le 8 janvier. Si EDF estime qu’il est « trop tôt » pour affirmer que le calendrier sera décalé, il y a, selon l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), « une forte probabilité » pour que l’arrêt soit plus long que prévu, l’exploitant devant d’abord réparer puis recommencer le test hydraulique.

« Nous avons une stratégie »

Cet aléa s’ajoute à une succession d’autres ayant conduit à un niveau de production nucléaire historiquement bas en France, alors que l’approvisionnement en électricité reste tendu en Europe à l’approche de l’hiver. Mardi 8 novembre, seuls 30 des 56 réacteurs du parc étaient connectés au réseau. Outre les effets de la pandémie de Covid-19 sur le calendrier des opérations de maintenance et la multiplication des visites décennales, EDF fait face depuis fin 2021 à un problème inédit de corrosion sous contrainte.

Selon Régis Clément, directeur adjoint de la division production nucléaire chez EDF, seize réacteurs ont été, à ce jour, identifiés comme « sensibles ou fortement sensibles » à ces défauts sur des soudures du circuit d’injection de sécurité. Sur ces seize, « dix sont en cours de traitement » et six seront contrôlés en 2023. Le reste du parc devrait être inspecté en 2024 et 2025.

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