Des fermes misent sur le photovoltaïque pour réduire leur dépendance

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« L’électricité est une matière première plus que nécessaire. On s’en rend compte aujourd’hui », affirme Yves-Marie Beaudet, éleveur de poules pondeuses à Landéhen (Côtes-d’Armor) et président du Comité national pour la promotion de l’œuf (CNPO). Il n’a pas attendu la crise énergétique qui secoue l’agriculture comme d’autres pans de l’économie pour s’en préoccuper. Il y a six ans, il a décidé de réduire sa dépendance en misant sur le photovoltaïque.

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Plus précisément, il a installé cinq « trackers solaires » autrement appelés « suiveurs solaires » sur son exploitation. En l’occurrence des panneaux de 120 mètres carrés installés sur des mâts de 5 mètres de haut dont l’orientation évolue en fonction de la trajectoire du soleil.

« Je suis autonome en électricité à hauteur de 35 % », estime M. Beaudet qui chiffre sa consommation annuelle totale à 500 000 kilowattheure pour éclairer et ventiler ses poulaillers, et alimenter ses volailles. Il se dit prêt à en installer cinq autres, pour réduire encore le volume acheté, voire vendre une partie de l’électricité produite. Mais le projet représente un investissement conséquent. « Chaque tracker solaire coûte 60 000 euros », précise M. Beaudet.

Revente

Philippe Bréhon, agriculteur à La Couture, dans le Pas-de-Calais, et coactionnaire de la société Saveurs d’endives, a décidé de sauter le pas. « En début d’année, avant même l’invasion de l’Ukraine par la Russie, nous constations une flambée du prix de l’énergie. J’ai signé pour l’installation de panneaux photovoltaïques sur les toits du bâtiment. Un investissement de 350 000 euros », explique le producteur d’endives. Les panneaux devraient être en place mi-novembre. M. Bréhon espère ainsi couvrir 15 % de ses besoins en énergie. Il table sur une revente de près d’un tiers de l’électricité produite, en particulier en été, lorsque son activité est en pause. En effet, le cycle de production de l’endive s’étend habituellement de septembre à juin.

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Toutefois, pour réduire encore sa facture énergétique, qui risque d’exploser à partir de janvier 2023, il a fait l’acquisition d’un groupe électrogène. « Cela représente un investissement de 80 000 euros. Je vais le faire fonctionner quatre heures par jour, de 9 heures à 11 heures et de 18 heures à 20 heures, soit pendant les heures de pointe. Le coût du kilowattheure produit par le groupe électrogène devrait être deux fois moindre que celui acheté sous contrat », anticipe M. Bréhon qui regrette d’être obligé de recourir à une énergie fossile. Une petite ombre au tableau solaire…

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