Coton bio, « made in France » et vêtements recyclés… L’utopie de la mode durable

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Publié aujourd’hui à 17h00, mis à jour à 18h43

Les chiffres sur l’empreinte carbone de l’industrie de la mode tournent en boucle sur Instagram et TikTok. Le secteur émet 10 % des gaz à effet de serre. C’est l’une des industries les plus polluantes au monde, probablement la troisième, derrière l’énergie et l’agroalimentaire. Plus aucun consommateur ne devrait ignorer le nombre de litres nécessaires à la confection de son jean : 7 500 litres. Les plages du Ghana sont polluées par les tonnes de vêtements usagés, tandis qu’au Chili le désert d’Atacama est tristement réputé pour son immense décharge de vêtements de seconde main, reliquats des 59 000 tonnes de pièces importées dans le port d’Iquique et non recyclées par l’industrie locale. Selon une étude des Nations unies datant de 2019, « chaque seconde, une quantité de textiles équivalente à un camion de déchets est enterrée ou brûlée » en fin de chaîne.

Le mot est désormais partout : durable. La start-up Circle Sportswear, marque française de sport créée par Romain Trébuil en 2019, fabrique ses vêtements à partir de « matériaux recyclés ou recyclables », ou de Lyocell, une fibre de bois. « Avoir le plus faible impact environnemental, c’est le devoir de notre génération », abonde Adrien Garcia, le fondateur du site de mode Réuni, spécialiste de la vente en précommande. Et, pour conserver leurs clientèles de plus en plus soucieuses de « verdir » leur consommation, les plus gros fabricants et distributeurs d’habillement, ceux qui relèvent de la « fast fashion », commencent à se réformer.

Lire l’enquête : Article réservé à nos abonnés Vendre avant de fabriquer : quand la précommande bouscule la mode

Levi’s a adopté un nouveau slogan en avril 2021 : « Buy better, wear longer ». Le fabricant américain de jeans incite les consommateurs à acheter de meilleurs vêtements, et à les porter plus longtemps. « La consommation mondiale de vêtements a doublé ces quinze dernières années. On peut aider à changer ça en misant sur la qualité », affirme le fabricant du 501 dans un spot publicitaire. « C’est la première fois que nous parlons de durabilité. Mais elle fait partie de notre culture depuis plus de trente ans », assure Diana Dimitian, vice-présidente senior de Levi’s Europe du Sud. L’espagnol Inditex, numéro un mondial de l’habillement, invite ses clients à rapporter ses vieux vêtements dans les magasins de ses huit enseignes, dont Zara, pour les recycler. Le suédois H&M, autre figure de la fast fashion, a aussi installé des bacs dits de recyclage. Rapportez votre vieux jean, vous aurez droit à un bon d’achat, suggère le distributeur d’habillement à bas prix.




Et toutes les grandes enseignes affirment avoir recours à des matières moins polluantes. Inditex promet de n’utiliser que du coton durable d’ici à 2023 et du lin ou du polyester recyclé d’ici à 2025 dans l’ensemble de ses magasins Zara. H&M s’est engagé à ne plus faire appel qu’à des matières durables d’ici à 2030. Depuis plus d’une dizaine d’années, le germano-néerlandais C & A fait appel au coton bio, car celui-ci « a le pouvoir de faire changer les choses » en protégeant « notre environnement, les producteurs de coton et leurs communautés ». Le japonais Fast Retailing promet d’améliorer les doudounes iconiques de son enseigne Uniqlo ; en 2020, la marque a lancé une veste 100 % recyclée. Sa maison mère jure que ses émissions de carbone seront réduites à néant d’ici à 2050 et qu’en 2030 la moitié de ses vêtements seront fabriqués à partir de fibres recyclées.

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