Connaissez-vous le vin orange, cette boisson estivale qui s’expose en terrasse ?

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VIN – Vous l’avez peut-être aperçu sur les réseaux sociaux, TikTok et Instagram en tête, ou sur quelques terrasses, notamment à Paris. Le vin orange est de plus en plus présent dans notre quotidien, en quête d’une notoriété grandissante. Il est en effet peu évident de trouver une place dans le cœur des Français tant ils sont habitués à consommer du rouge, du blanc et du rosé. Pourtant, le vin orange joue la carte de l’originalité et de la nouveauté. Il a la texture d’un vin rouge et le goût d’un vin blanc. Cette curiosité s’explique par son procédé de fabrication spécifique comme vous pouvez le voir dans la vidéo ci-dessus.

Comme nous l’explique Emile Coddens, vigneron, le vin orange est un vin blanc vinifié comme du vin rouge avec macération. Autrement dit, après la récolte, le jus issu des cépages macère avec la peau, les pépins et même les rafles pendant une durée comprise entre une journée et plusieurs mois. Les tanins compris dans les parties solides de la vigne, citées auparavant, donnent au vin sa couleur et ses arômes. En Géorgie, terre natale du vin orange, la macération était traditionnellement réalisée dans des pots en terre cuite, les kyevris, enfouis dans le sol pour éviter tout contact avec l’air et maintenir une température constante.

Un vin ancien

Le vin orange est apparu dans la région du Caucase pendant l’Antiquité. Il s’est ensuite exporté dans le nord de l’Italie avant d’influencer les vignerons français et le reste du monde. Les États-Unis et l’Australie produisent notamment du vin orange. Historiquement, le vin orange n’est pas nouveau en France. Depuis quelques années, il connaît un relatif succès populaire mais cet été les cavistes remarquent une petite tendance à la hausse. « Il est apparu il y a plusieurs années mais on remarque un engouement depuis noël dernier », note Emeric Acker, responsable de la boutique Le Caviste de l’Étoile à Strasbourg et ajoute que « cet été ça marche pas mal ».

Avant d’atteindre un public nouveau en quête d’originalité, le vin orange profite de l’audace « de jeunes vignerons qui ne sont pas effrayés à l’idée de se lancer dans la production de vignes un peu plus expérimentale », dit-il. « On assiste à une belle passation entre les jeunes et les anciens », ajoute-t-il. Les domaines viticoles français produisant du vin orange se multiplient, ce qui permet d’étoffer l’offre sur le marché. Différentes techniques sont utilisées dont celles héritées de l’Antiquité. Quelques domaines font macérer le vin pendant neuf mois dans des pots en terre cuite. Tandis que, pour le reste des exploitations « le vin macère seulement quelques jours dans des cuves en inox », nous apprend Élodie Salvayre, sommelière à Toulouse.

Toucher un public plus large

À Paris et à Strasbourg, le vin orange touche soit une clientèle jeune et réceptive aux vins expérimentaux soit des personnes plus âgées sensibles aux accords mets-vins. « Les restaurants gastronomiques sont nombreux à proposer désormais ce type de vin pour accompagner des plats », explique Igor Bourdet, responsable chez Vinosfera, cave à vin située dans le 4e arrondissement de la capitale. À Toulouse, le vin orange n’attire quasiment que les professionnels du secteur. Élodie Salvayre en propose à des amis ou à certains clients mais avec peu de succès. « Ils s’attendent peut-être à quelque chose d’atypique et n’osent pas », estime-t-elle avant d’ajouter que « ce n’est pas un vin conventionnel ».

Le vin orange autrefois réservé aux seuls connaisseurs touche désormais un public plus large. Pour Emeric Acker, même si le vin orange reste peu connu, ce n’est plus un produit de niche. Mais à environ vingt euros la bouteille, « il faut quand même un certain pouvoir d’achat », estime le gérant de Vinosfera. La démocratisation du vin orange est également perceptible dans sa manière d’être consommé. « La plupart des gens le perçoivent comme un vin d’apéritif mais il est possible d’en boire à n’importe quelle saison », note le directeur de la boutique strasbourgeoise. Igor Bourdet abonde dans ce sens, « ce n’est pas forcément un vin pour l’été ». Si vous désirez profiter de tous ses arômes, le vin orange est à servir à une température minimum de quatorze degrés.

Les deux spécialistes pensent que le vin orange, toutes proportions gardées, est en train de devenir un vin grand public. Vous laisserez-vous tenter ?

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