Coca-Cola, l’encombrant parrain de la COP27

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Le « plus grand pollueur plastique au monde », sponsor de la conférence mondiale sur le climat (COP27) à Charm El-Cheikh, en Egypte. L’annonce faite fin septembre du partenariat entre la multinationale des boissons sucrées Coca-Cola et le ministère des affaires étrangères égyptien a suscité la consternation. Les COP font fréquemment l’objet d’accords avec des entreprises privées. En 2021, à Glasgow (Ecosse), la société civile avait dénoncé l’omniprésence des sponsors et de leurs logos – dont ceux de Microsoft, Unilever, ou GSK – dans l’enceinte de la COP26. Trois ans plus tôt, la conférence de Katowice, en Pologne (COP24), avait, elle, été critiquée pour son parrainage par plusieurs entreprises nationales de charbon et de gaz.

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« L’influence des lobbies privés dans les COP est très importante, fustige Marie Cosquer, d’Action contre la faim. Nous, société civile, avons énormément de mal à suivre ces conférences, à nous accréditer, à voyager, à nous loger. Les grandes multinationales n’ont pas ces problèmes et ne jouent pas sur le même terrain. Cela décrédibilise beaucoup cet espace multilatéral qu’est la COP. »

Pour Coca-Cola, en revanche, « la COP27 sera l’occasion de nouer le dialogue avec des experts, des ONG, des industriels et des gouvernements, afin de soutenir des actions vers plus de durabilité sur notre chaîne de valeur ». En défense de ce parrainage, le fabricant de sodas vante ses objectifs climatiques – réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 25 % d’ici à 2030 et être neutre en carbone en 2050. Du « greenwashing », cingle Greenpeace, reprochant à la multinationale son « addiction au plastique ». Chaque année, celle-ci produit plus de 100 milliards de bouteilles de ce matériau, composé principalement de pétrole, « aggravant à la fois les crises du plastique et du climat », dénonce l’association.

« Maintenir le statu quo »

Il reste difficile d’évaluer à quel point la présence de ces parrains privés pèse sur les discussions climatiques. Selon Mme Cosquer, « c’est parce qu’il y a cette présence du secteur privé qu’on est sur la promotion de solutions technologiques, en particulier dans l’agriculture, avec des entreprises qui ont intérêt à maintenir le statu quo. Cela détourne des solutions transformatrices ». Pour Pierre-Marie Aubert, chercheur à l’Institut du développement durable et des relations internationales, « le problème est surtout qu’on n’arrive pas à se donner les moyens d’organiser ces conférences sans l’aide d’opérateurs dont les activités sont problématiques pour le climat ».

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Coca-Cola fait régulièrement des incursions dans des arènes décisionnaires. En 2019, la multinationale avait sponsorisé pendant un semestre la présidence tournante de l’Union européenne, alors assurée par la Roumanie, distribuant boissons gratuites et placardant son logo rouge lors d’événements officiels. Un affichage dénoncé par des associations comme relevant du conflit d’intérêts, alors que l’Europe était sur le point d’établir une nouvelle politique alimentaire.

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