Climat des affaires : bouffée d’optimisme dans le commerce, déprime dans l’industrie

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Le climat des affaires est resté quasi stable en août, selon les données publiées ce jeudi matin par l’Insee . L’indicateur calculé par les statisticiens publics pour rendre le pouls des chefs d’entreprise s’établit à 103,4 points, après avoir atteint 102,8 en juillet.

Mais tout le monde n’est pas logé à la même enseigne, cette stabilité masquant des réalités fort différentes selon les secteurs. Ainsi, la relative bouffée d’optimisme des chefs d’entreprise dans le commerce et le bâtiment contraste avec la dégradation du moral des industriels.

Vers des prix au plus haut depuis 1991 dans le commerce de détail

De fait, en dépit de la hausse de l’inflation et des craintes pour le pouvoir d’achat, force est de constater que le commerce de détail reste, pour l’heure, optimiste , avec un indicateur synthétique qui bondit de 9 points. « L’opinion des détaillants sur les perspectives d’activité pour les trois prochains mois s’améliore : le solde relatif aux perspectives générales d’activité du secteur rebondit et se situe juste au-dessous de son niveau moyen. Le solde d’opinion sur les intentions de commandes se redresse mais reste au-dessous du sien », détaille l’Insee.

Cette bouffée d’optimisme pourrait cependant être fragile car elle « résulte principalement de l’augmentation du solde relatif aux effectifs prévus », signe peut-être que certaines difficultés de recrutement s’estompent, et « dans une moindre mesure, du rebond des soldes sur l’évolution récente des ventes et des effectifs ».

Car dans le même temps, si les commerçants interrogés notent un fort rebond de leurs ventes passées, leurs anticipations sur les ventes prévues « se replient légèrement ». Et, mauvaise nouvelle pour les consommateurs, « le solde d’opinion relatif aux prix prévus augmente et retrouve son plus haut niveau depuis le début de la série en 1991 ».

L’industrie grevée par les difficultés d’approvisionnement et de recrutement

Par contraste, dans l’industrie, le moral est loin d’être au beau fixe . Le climat des affaires s’y « dégrade de nouveau » et, même s’il demeure au-dessus de sa moyenne de longue période, il enchaîne son dixième mois consécutif de repli. En cause : des carnets de commandes qui se détériorent pour le deuxième mois consécutif, mais aussi les nombreuses contraintes qui continuent de limiter l’activité.

« La part d’entreprises déclarant des difficultés d’approvisionnement est quasi stable en août 2022, à un niveau qui reste très élevé (44 %) », explique ainsi l’Insee. Tandis que la proportion d’entreprises « se déclarant limitées dans leur production par une insuffisance de personnel est stable, à son plus haut niveau (26 %) » depuis 1991, année à partir de laquelle l’Insee a commencé à compiler des données.

Par ailleurs, la proportion d’entreprises déclarant rencontrer des obstacles à la production du fait de problèmes d’offre uniquement atteint 53 %. Là encore, son plus haut niveau depuis que la série existe.

Dans les services, l’indicateur passe de 107 à 106, l’Institut jugeant que la situation est « quasi stable », tandis que les « soldes d’opinion sur les perspectives générales d’activité se maintiennent ». Le bâtiment continue, quant à lui, de jouir d’un niveau exceptionnel, l’indicateur qui avait légèrement fléchi à 113 en juillet remontant à 114 en août, comme en mai et en juin. Si les chefs d’entreprise y sont moins nombreux à faire face à des difficultés d’approvisionnement, ils sont toujours un sur deux à déclarer « faire face à des difficultés dues à une insuffisance de personnel. »

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