Cineworld, le deuxième plus gros exploitant de salles de cinéma, au bord de la faillite

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Le groupe britannique Cineworld, le deuxième circuit de salles de cinéma au monde après l’américain AMC, est sur le point de se placer en faillite volontaire aux Etats-Unis (sous chapter 11) et en insolvabilité au Royaume-Uni dans les semaines à venir, selon le Wall Street Journal du vendredi 19 août. Pour ce faire, le groupe cinématographique basé à Londres a engagé des avocats de Kirkland & Ellis LLP et des consultants d’AlixPartners. Cette annonce a fait dévisser le titre de 82 % en Bourse à Londres, vendredi, à 2,76 livres (3,25 euros), son prix le plus bas depuis la première cotation de l’entreprise en 2007.

Un trop lent retour des spectateurs en salle après les mois de fermeture faisant suite à la pandémie de Covid-19 a fragilisé ce groupe, déjà gravement endetté, qui exploite essentiellement Regal Cinemas aux Etats-Unis mais gère au total 9 518 écrans dans une dizaine de pays (Royaume-Uni, Bulgarie, République tchèque, Hongrie, Irlande, Pologne, Roumanie, Slovaquie, Israël).

Un nombre trop limité de films porteurs

« Malgré une reprise progressive de la demande depuis la réouverture [des salles] en avril 2021, les récents niveaux de fréquentation ont été inférieurs aux attentes », a déclaré Cineworld dans un communiqué mercredi. La direction explique cet état de fait décevant en raison d’un nombre trop limité de films porteurs. « Cette situation devrait se poursuivre jusqu’en novembre » a-t-elle prévenu. Et à part quelques films de super-héros comme Black Panther : Wakanda Forever, de Ryan Coogler, dont la sortie est prévue à l’automne, le second semestre souffrira de la production encore limitée des studios hollywoodiens et du fait que certains préfèrent se passer des salles pour diffuser directement leurs nouveautés sur leurs plates-formes de streaming.

L’exploitant cinématographique fait face à de multiples difficultés

En expliquant avoir « pris des mesures proactives » pour renforcer son bilan, la direction dit évaluer « plusieurs options stratégiques » pour se recapitaliser et se désendetter. Un sujet majeur pour ce groupe, qui, selon le Wall Street Journal, doit faire face à des échéances à venir sur ses plus de 5 milliards de dollars (4,98 milliards d’euros) de charge de la dette. Invesco Ltd et State Street Corp figurent parmi les principaux créanciers de Cineworld, selon l’agence Bloomberg. L’exploitant cinématographique fait face à des montagnes de difficultés. Déjà déficitaire l’an dernier, il a été condamné fin 2021 à près de 1 milliard de dollars de dommages et intérêts par un tribunal canadien pour avoir annulé un projet de fusion avec son concurrent Cineplex. Il a fait appel.

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