« Chaque jour qui passe sans solution aggrave la crise énergétique »

0
57

Les cours du gaz s’emballent. Quel est le message du marché ?

Les opérateurs ne savent plus quoi faire, car depuis un an ils intègrent une crise énergétique dans les prix , mais ils ne voient aucun changement de logiciel : ni chez les politiques, ni chez les consommateurs. Je me demande bien si quelqu’un va se réveiller un jour. Emmanuel Macron semble l’avoir fait en annonçant la fin de l’abondance , mais il y a quelques mois encore, le gouvernement nous disait que la hausse allait durer un an. Non, une crise énergétique, cela dure cinq ans et chaque jour qui passe sans solution l’aggrave. C’est cela le message du marché en ce moment.

Nucléaire, hydrogène… les dirigeants cherchent des solutions…

Quand le chancelier allemand Olaf Scholz se rend au Canada pour signer un accord sur l’hydrogène après avoir refusé le gaz du Qatar, le marché comprend qu’il n’est pas prêt à résoudre la crise énergétique avant 2060. L’hydrogène entraîne encore trop de pertes dans la production, le stockage et le transport… Quant au nucléaire, il ne faut pas compter dessus avant 2040.

L’Algérie peut jouer un rôle ?

Lorsque le président français va en Algérie pour le gaz, il ne faut pas oublier que c’est en contradiction avec les messages envoyés par l’Union européenne précédemment. Le Green Deal prétend que l’Europe n’aura plus besoin des pays producteurs d’énergies fossiles. Ces pays disent « Très bien ! Mais ne comptez pas sur nous pour investir si jamais vous en avez quand même besoin ».

Quel rôle peuvent jouer les renouvelables ?

On parle des énergies renouvelables depuis 15 ans. On met de l’argent public depuis 15 ans… Et depuis 15 ans, on voit que cela ne fonctionne pas tellement bien.

Quelles solutions alors ?

Soit on vit dans une crise énergétique ad vitam aeternam en attendant le messie hydrogène . Soit on met en place de nouveaux moyens de production en laissant les pétroliers investir dans de nouveaux champs gaziers. Si on ne le fait pas, on va continuer à brûler du charbon en douce, ce qui n’est ni une solution à la crise énergétique, ni une solution pour le climat. Pour le moment, le marché attend que des industriels s’effacent, mais si aucun ne le fait, c’est parce qu’ils savent très bien que celui qui s’arrête de produire ne redémarrera pas.

L’industrie sera donc la grande victime de cette crise ?

On nous a beaucoup parlé de la réindustrialisation de l’Europe ces derniers temps, mais c’est le contraire qui va se passer. Aujourd’hui, la question pour BASF c’est de savoir s’il est possible de faire de la chimie sans énergie abondante et bon marché. La réponse est non. Donc la chimie allemande est condamnée. BASF va devoir délocaliser son activité pour rester compétitive, par exemple aux Etats-Unis où l’énergie est moins chère.

Que va-t-il se passer sur la facture des consommateurs ?

Comme au Royaume-Uni , les prix vont exploser. Ce ne sera pas multiplié par 20 comme sur les marchés, car la moitié d’une facture rémunère la distribution et l’autre moitié paye les molécules. Mais on peut penser que les montants des factures vont être multipliés par deux, trois, ou quatre.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici