Aux Etats-Unis, le ralentissement de l’inflation provoque l’optimisme des marchés et des économistes

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Le pire de la hausse des prix post-Covid-19 serait-il passé aux Etats-Unis ? L’inflation a progressé de 7,7 % sur un an au mois d’octobre, selon les chiffres révélés par le Bureau du travail, et a augmenté de 0,4 point d’un mois sur l’autre. C’est mieux que les attentes des économistes, qui prévoyaient une hausse respective de 7,9 % et 0,6 %. Il s’agit du chiffre le plus bas depuis un an, après le pic de 9,1 points atteint en juin.

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Surtout, l’inflation sous-jacente, hors énergie et alimentation, se réduit dramatiquement : sur un an, elle est de 6,3 %, et entre le mois de septembre et octobre, les prix n’ont progressé que de 0,3 point, à un rythme deux fois moindre qu’en août et septembre. Selon Jason Furman, économiste à Harvard, c’est ce dernier chiffre – 3,6 % de hausse en rythme annuel — qui est important. Mieux, l’indice qui exclut en plus les véhicules d’occasion et le logement est tombé selon ses calculs à 1,8 %. Les véhicules sont particulièrement volatils, tandis que la baisse du logement est très lente, seule une petite partie des baux étant renouvelés chaque mois. Ce chiffre montre que l’inflation, qui avait pénétré tous les pans de l’économie, se calme. Résultat, M. Furman, qui avait été l’un des rares à prédire, études à l’appui, que la hausse n’était pas achevée fin août, est ravi. « Encore un ou deux mois comme ça et on pourra se détendre un peu », a-t-il tweeté.

Les marchés, eux, n’ont pas attendu pour sabrer le champagne. Ils anticipent désormais que la Fed, la réserve fédérale, qui a augmenté ses taux directeurs de zéro en mars à plus de 3,75 % lors de sa dernière réunion d’octobre, réduise le tempo et n’augmente le loyer de l’argent que de 0,5 point lors de sa réunion de décembre. Résultat, Wall Street a connu sa meilleure séance depuis avril 2020. Jeudi, l’indice S&P 500, qui représente les grandes entreprises, s’est envolé de 5,54 %, tandis que l’indice Nasdaq, riche en technologie, bondissait de 7,35 %.

La tech est particulièrement sensible à la politique monétaire car ses entreprises ne font pas toujours de profits. Elles sont donc les premières frappées par le ralentissement et la hausse des coûts financiers provoquée par la hausse des taux. Depuis le début de l’année, ces deux indices restent en retrait de 29 % et 17 %.

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Les marchés obligataires étaient eux aussi à la fête : le rendement des emprunts d’Etat, qui était de 4,10 % , est retombé brutalement après la publication de l’indice des prix, à 3,82 %. Logiquement, le dollar a baissé, l’euro bondissant de 0,99 à 1,01 dollar. L’état d’esprit tranche avec la conférence de presse de Jerome Powell, qui avait cassé l’espoir d’un assouplissement de la politique monétaire début novembre. Il avait même indiqué que le niveau final des taux d’intérêt nécessaires pour faire retomber la hausse des prix à 2 % avait augmenté. Mais avec cet indice des prix, pour la première fois, les Etats-Unis ont un signe tangible que le pire est sans doute derrière eux.

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