Aux Etats-Unis, la Fed promet de combattre l’inflation, quitte à provoquer le ralentissement de l’économie

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Jerome Powell est allé droit au but. Pour l’ouverture, vendredi 26 août, du symposium de Jackson Hole, la grande réunion annuelle des banquiers centraux de la planète, dans le Wyoming (ouest des Etats-Unis), le président de la Réserve Fédérale (Fed) s’en est tenu, de manière inhabituelle, à une courte déclaration de dix minutes. Son message se voulait on ne peut plus clair : il fera tout pour ramener l’inflation à son objectif de 2 %. « Nous devons poursuivre [la hausse des taux d’intérêt] jusqu’à ce que le boulot soit fait », a-t-il lancé.

Il a rappelé que cette tâche constituait actuellement « l’objectif prioritaire » de la banque centrale. « La stabilité des prix est la responsabilité de la Réserve fédérale et sert de fondation à l’économie. Sans stabilité des prix, elle ne fonctionne pour personne. (…) La restaurer prendra du temps et nécessite d’utiliser nos outils avec force. » Depuis le mois de mars, la Fed a déjà relevé son taux d’intérêt d’une fourchette située entre 0 % et 0,25 % à une fourchette allant de 2,25 % à 2,5 %. Lors de ses deux dernières réunions, en particulier, elle a agi sans trembler, augmentant chaque fois son taux de 0,75 point.

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Cependant, lors de sa dernière conférence de presse, le 27 juillet, M. Powell avait tenu des propos laissant entendre qu’il ralentirait le rythme. Peu après, les statistiques ont enfin apporté de bonnes nouvelles : l’inflation outre-Atlantique a légèrement reflué, passant de 9,1 % en juin à 8,5 % en juillet (sur douze mois). Les Etats-Unis ont notamment bénéficié de la baisse du coût du baril de pétrole, qui se maintient à un niveau élevé, mais a reculé ces derniers mois, pour atteindre désormais 92 dollars (92,10 euros). Par ailleurs, la première économie mondiale, n’étant pas dépendante de l’approvisionnement russe, souffre nettement moins que l’Europe de l’envolée des prix du gaz.

Discours intransigeant

Ces signaux ont été pris par les marchés financiers comme la possibilité d’un tournant. Après un recul de 24 % entre janvier et mi-juin, le S&P 500, l’un des principaux indices boursiers américains, a rebondi de 11 %. M. Powell a tenu à ne pas donner de fausses impressions : il n’est pas question, pour l’instant, de lever le pied. Et qu’importe si la hausse des taux d’intérêt provoque un ralentissement de l’économie.

« Réduire l’inflation implique probablement une période durable de croissance en dessous de la tendance de long terme. La hausse des taux d’intérêt, la croissance plus faible et les conditions du marché du travail plus difficiles feront sans doute diminuer l’inflation, mais elles seront aussi douloureuses pour les ménages et les entreprises », a affirmé le président de la Fed, disant assumer ce choix. « Echouer à ramener la stabilité des prix sera bien plus éprouvant. »

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