Automobile : le japonais Toyota ne démord pas de l’hybride

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On peut être le numéro un mondial et ne pas vouloir faire les choses comme les autres. Toyota, qui a programmé la disparition des modèles thermiques pour 2050, alors que la plupart de ses concurrents se calent sur 2040, voire 2030, continue de placer les motorisations hybrides au cœur de sa stratégie. La programmation – tardive – de six véhicules électriques d’ici à 2026 n’y change rien. Le centre de gravité de la marque japonaise continue de s’articuler autour d’une technologie qu’elle a longtemps été la seule à développer et qui lui apparaît comme un horizon difficilement dépassable.

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Le lancement de la nouvelle Prius, mère de tous les modèles hybrides, apparue en 1997, reflète cette volonté de cultiver son pré carré envers et contre tout. Produit à plus de cinq millions d’unités, ce véhicule, qui a marqué l’histoire de l’automobile et a été successivement la voiture des automobilistes écologiquement responsables avant de se mettre au service des chauffeurs de taxi, a essaimé à travers le catalogue Toyota. En effet, 80 % de ses ventes en Europe reposent aujourd’hui sur des hybrides. Alors que le succès de la Prius a pâli ces dernières années, cette voiture pionnière revient sur le devant de la scène, avec une cinquième génération quelque peu déroutante.

Elle qui s’était fait une spécialité des morphologies surdessinées supposément futuristes s’est enfin résolue à opter pour des formes profilées, plus élégantes et moins tourmentées, qui dynamisent sa silhouette. Mais la vraie surprise est la décision de ne commercialiser ce modèle en Europe qu’en version hybride rechargeable, sans alternative en hybride classique. Il affiche officiellement une autonomie de 69 kilomètres en mode tout électrique – en réalité, une bonne cinquantaine de kilomètres –, un moteur thermique et une puissance cumulée de 223 chevaux.

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Au regard des évolutions du marché, ce parti pris apparaît paradoxal. Les hybrides conventionnels, dont les batteries se rechargent en roulant, notamment lors des phases de ralentissement, sont la grande spécialité de la marque et ils sont en pleine expansion. En revanche, les hybrides rechargeables, que l’on branche sur une borne, déclinent. Principalement présents dans les flottes automobiles, ces derniers, aussi appelés PHEV (plug-in hybrid vehicle), doivent leur attractivité au fait qu’ils échappent à la taxe sur les véhicules de société.

Relancer les ventes

Or, les hybrides rechargeables, dont le niveau de consommation réel est nettement plus élevé que leurs valeurs d’homologation, sont dans le collimateur des autorités européennes, qui pourraient durcir les normes les encadrant. Importée du Japon, la nouvelle Prius est, en outre, un modèle cher qui sera commercialisé à la mi-2023 autour de 45 000 euros. C’est pratiquement le tarif d’une Tesla Model 3, après déduction du bonus écologique de 5 000 euros.

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