Assurance-chômage : la durée d’indemnisation baissera de 25 % au 1er février

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Emmanuel Macron avait promis de rendre l’assurance-chômage plus stricte quand le marché du travail se porte bien, et plus généreuse quand il se dégrade. Finalement, les nouvelles règles d’indemnisation, que le ministre du travail, Olivier Dussopt, a présentées aux partenaires sociaux, lundi 21 novembre, ne seront jamais davantage protectrices pour les demandeurs d’emploi. Le gouvernement a en effet choisi la méthode dure, cinq jours après l’adoption définitive par le Parlement du projet de loi qui lui permet de modifier les règles d’indemnisation selon un principe de modulation en fonction de la conjoncture économique, afin de répondre aux problèmes de pénurie de main-d’œuvre.

A partir du 1er février 2023, la durée d’indemnisation des nouveaux demandeurs d’emploi baissera de 25 %. Ainsi, quelqu’un qui aurait pu prétendre à douze mois d’indemnisation actuellement n’aura droit qu’à neuf mois avec le nouveau système. « Nous considérons aujourd’hui que, avec la baisse du taux de chômage à 7,3 % et les difficultés de recrutement, le marché du travail est dans un contexte favorable qui justifie une modulation à la baisse de la durée maximum d’indemnisation », a affirmé Olivier Dussopt, lors d’une conférence de presse. Le ministre du travail a par ailleurs défendu un système « qui va rester l’un des plus généreux d’Europe ».

Alors qu’il avait exclu d’emblée de toucher au montant de l’indemnisation, le gouvernement a finalement décidé d’appliquer un sévère coefficient réducteur de 0,75 pour la durée d’indemnisation. Aujourd’hui, un jour travaillé donne un jour indemnisé, avec un maximum de vingt-quatre mois d’indemnisation pour les moins de 53 ans, trente mois pour les 53-54 ans et trente-six mois pour les 55 ans ou plus. Désormais un demandeur d’emploi ne sera indemnisé que 75 % de la période travaillée, avec un plancher de six mois d’indemnisation minimum.

« Rupture du contrat social »

Olivier Dussopt a également annoncé la création d’un complément de fin de droits pour tous les demandeurs d’emploi dont l’indemnisation arrive à son terme alors que la situation économique s’est détériorée, afin de prolonger de 25 % leurs droits. Plusieurs exceptions ont par ailleurs été mises en place. Sont ainsi exclus du nouveau système les intermittents du spectacle, les dockers, les marins, les pêcheurs, les personnes licenciées pour motif économique bénéficiant d’un contrat de sécurisation professionnelle et les territoires ultramarins. Le ministre du travail espère « 100 000 à 150 000 retours à l’emploi » supplémentaires en 2023 grâce à la réforme.

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