ArcelorMittal va remplacer des hauts-fourneaux français pour verdir son acier

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Le premier sidérurgiste mondial ArcelorMittal va investir 1,7 milliard d’euros pour décarboner la production d’acier issu de ses deux usines françaises de Dunkerque (Nord) et Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône). “C’est clairement le plus gros investissement d’ArcelorMittal en France depuis la construction des deux usines, ce qui signifie une pérennité pour la production d’acier en France et en Europe”, a déclaré Eric Niedziela, président d’ArcelorMittal France et vice-président Action Climat d’ArcelorMittal Europe, jeudi 3 février à l’AFP.

Les deux sites de Dunkerque et Fos émettent à eux seuls un quart des émissions de gaz à effet de serre industrielles françaises, qui elles mêmes représentent de l’ordre de 30% de l’empreinte carbone du pays. Trois haut fourneaux au charbon sur cinq seront fermées et remplacés par des fours électriques. Les émissions de carbone évitées par ce seul projet représentent 10% des émissions industrielles françaises, fait valoir le gouvernement.

Traditionnellement, le charbon, source d’énergie fossile particulièrement émettrice de CO2, est utilisé de deux façons pour produire de l’acier : pour purifier le minerai de fer, et pour chauffer et atteindre les très hautes températures requises dans les fours.

Mais on peut le remplacer. A Dunkerque, le sidérurgiste va construire une nouvelle usine dite de “réduction directe”, où le charbon sera remplacé par l’hydrogène pour purifier le minerai de fer. Cette unité sera couplée à un four électrique ainsi qu’à un autre four électrique additionnel. A Fos-sur-Mer, ArcelorMittal va installer un four électrique lui permettant de se spécialiser dans la production d’acier recyclé, c’est-à-dire émettant peu de dioxyde de carbone par rapport à un acier traditionnel.

Pour mettre en place son projet, l’industriel recevra des aides publiques issues du plan d’investissement France 2030, et négocie aussi parallèlement avec Bruxelles. Au total, l’Etat consacrera une enveloppe de 5,6 milliards d’euros sur les 34 milliards de France 2030 pour aider trois secteurs très polluants à émettre moins de CO2 : acier-aluminium, chimie et ciment, selon un mécanisme d’attribution innovant en Europe, a précisé Matignon à l’AFP. De fait, l’Etat achètera des tonnes de carbone non émises par des industriels grâce à leurs projets de décarbonation.

L’investissement d’ArcelorMittal fait partie de l’enveloppe de 10 milliards de dollars annoncée précédemment par le groupe pour réduire son empreinte carbone globale. Le groupe avait auparavant décliné ses investissements dans d’autres pays, en Belgique, Espagne et au Canada. ArcelorMittal s’est fixé pour objectif de réduire ses émissions mondiales de 25% d’ici 2030 par rapport à celles de 2018, et de 35% en Europe.

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