Airbus préfère une amende plutôt que des poursuites judiciaires pour des soupçons de corruption en Libye et au Kazakhstan

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Est-ce la fin des ennuis judiciaires pour Airbus ? L’avionneur européen a annoncé, jeudi 24 novembre, la conclusion d’un accord avec le Parquet national financier (PNF) en vertu duquel le groupe évite des poursuites pénales pour des soupçons de corruption en Libye et au Kazakhstan.

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En pratique, Airbus a signé une convention judiciaire d’intérêt public (CJIP) avec le PNF. Un dispositif qui met un terme aux poursuites judiciaires contre le paiement d’une amende. Selon nos informations, l’avionneur devrait débourser une vingtaine de millions d’euros. Toutefois, pour entrer en vigueur, cette CJIP doit encore être validée par le tribunal judiciaire de Paris qui aura à se prononcer, mercredi 30 novembre, sur cette procédure.

Avec cet accord, l’avionneur en termine avec deux enquêtes, engagées, pour la première depuis 2012, sur la vente à la Lybie du colonel Kadhafi de douze Airbus (neuf A320 et trois A330). La deuxième procédure s’intéressait à un contrat signé en 2010 pour la vente au Kazakhstan de 45 hélicoptères par Eurocopter, rebaptisé depuis Airbus Helicopters, pour un montant de 2 milliards d’euros. Une commande conclue pendant le mandat de Nicolas Sarkozy. Deux enquêtes plus connues sous les noms de « financement libyen » et de « Kazakhgate ».

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La signature de cette CJIP intervient après qu’Airbus a accepté le 31 janvier 2020 de verser 3,6 milliards d’euros d’amende, dont 2,1 milliards d’euros à la France, pour éviter des poursuites devant les justices française, britannique et américaine, dans une enquête sur des « irrégularités » portant notamment sur les agents commerciaux intervenant dans les contrats de vente d’avions ou de matériels militaires.

Ultradominateur

Selon l’avionneur, la signature de « la CJIP envisagée n’aura pas d’impact » sur la transaction négociée pour la fin des poursuites avec les justices française, britannique et américaine début 2020. Le groupe présidé par Guillaume Faury rappelle d’ailleurs qu’en 2021 il a déjà réglé de la même manière, en Grande Bretagne, une autre enquête qui s’intéressait, pour le coup, à un contrat de vente à l’Arabie saoudite d’un système de contrôle des frontières.

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Cet accord devrait solder les poursuites pour corruption et versements de commissions illégales qui ont secoué Airbus ces dernières années. Des affaires qui ont décapité la direction d’alors. Doté d’une équipe totalement renouvelée avec à sa tête Guillaume Faury, Airbus a vite changé d’ère. Les affaires de corruption de l’avionneur européen sont passées au second rang après les deux catastrophes aériennes du 737 Max de Boeing qui ont causé la mort de 346 passagers et membres d’équipage.

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