Aide pour les jeunes décrocheurs : les associations s’inquiètent des coupes budgétaires de la région Ile-de-France

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Chacun équipé de sa calculatrice, Noah Assoumou et Bryan Noita s’attaquent aux nombres décimaux. Les deux hommes de 19 ans suivent un atelier de remise à niveau en mathématiques, dans un espace de dynamique d’insertion (EDI), géré par l’Association relais pour l’éducation et l’insertion des jeunes (Arpeije), à Clamart (Hauts-de-Seine). Après un CAP en vente et un passage par Pôle emploi, Noah Assoumou, originaire d’Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), rêve de devenir vétérinaire ou de travailler dans un zoo. Il est arrivé à l’EDI il y a un an, « à cause de problèmes de papiers. Ils [l]’ont beaucoup aidé ici pour les démarches administratives ».

Bryan Noita, jeune adulte d’Antony, dans le même département, est là depuis six mois. Il a été déscolarisé l’année dernière après avoir subi du harcèlement physique et moral. « L’EDI nous sauve énormément, remercie-t-il. Quand j’ai arrêté l’école, j’étais perdu. C’est grâce à eux que j’ai pu rebondir. »

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Chaque année depuis 1996, 26 EDI accompagnent de jeunes Franciliens de 16 à 25 ans, de milieux plutôt défavorisés, vers l’élaboration d’un projet personnel, une formation ou un emploi. Ces stagiaires, rémunérés en fonction de leurs jours de présence, relèvent en majorité d’une typologie spécifique (aide sociale à l’enfance, direction de la protection judiciaire de la jeunesse, décrochage scolaire, etc.). « Ce sont des jeunes qu’on a laissés au bord de la route, analyse Léa Minoux, psychologue à l’EDI de l’Arpeije. Ils sont souvent très isolés, il faut leur redonner confiance en eux et les aider à se resocialiser avec les autres. » A l’espace de Clamart, qui accueille 80 jeunes, cela passe aussi bien par des cours de mathématiques que des ateliers cuisine, réalisation de CV, écologie urbaine, audiovisuel ou encore menuiserie.

« Mener une réflexion en profondeur »

Depuis quelques mois, l’avenir de ce dispositif, qui accueille 2 500 jeunes en 2022, est très incertain. Gérés par différentes associations (Equalis, Sauvegarde, Aurore, etc.), les EDI sont financés à 80 % par la région Ile-de-France, à hauteur de 6 millions d’euros. Mais le conseil régional a décidé de ne pas renouveler les financements pour la période 2023-2026, plongeant les associations dans l’inconnu jusqu’au 31 décembre. Inquiètes de ces coupes budgétaires, une centaine de personnes (dirigeants, éducateurs ou jeunes) ont manifesté devant le conseil régional, réuni le 9 novembre.

Les gérants d’EDI regrettent surtout le manque de communication des derniers mois de la part des dirigeants franciliens. Tout semblait bien parti en cette année 2022. En mars, la région demande aux EDI de coconstruire un appel à projets pour le financement 2023-2026. Normalement, les associations ont jusqu’à septembre pour y répondre, puis les projets passent en commission et cela découle sur une nouvelle convention avant la fin de l’année. Mais, en août, les EDI n’ont toujours pas de nouvelles de cet appel à projets. Le collectif envoie un premier courrier à Valérie Pécresse, la présidente de la région Ile-de-France, le 19 septembre. « Nous avons appris dans l’été, après avoir contacté vos services, que l’appel à projets n’avait pas été voté en commission permanente comme prévu, sans explication, et sans nouvelle proposition », s’alarment les associations.

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