A Orpea, ménage au sommet et tentative de sauvetage financier

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Devant la corbeille de croissants sur le buffet dressé jeudi 28 juillet pour l’assemblée générale annuelle des actionnaires d’Orpea, dans le 17e arrondissement de Paris, un participant s’est soudain souvenu que la date correspondait à l’anniversaire d’une funeste décision. Dans une lettre adressée un an plus tôt à Victor Castanet, la direction du géant européen des maisons de retraite et cliniques commerciales avait répondu « être au regret » de « ne pouvoir donner suite » aux 56 questions que le journaliste lui avait envoyées avant de boucler trois ans d’enquête qui devaient révéler des détournements d’argent public et de graves maltraitances. « Grave erreur », regrettait, jeudi, ce bon connaisseur du dossier. La fin de non-recevoir du siège est apparue comme la volonté d’étouffer la vérité.

Depuis la sortie du livre de M. Castanet, Les Fossoyeurs (Fayard, 400 pages, 22,90 euros) vendu à 160 000 exemplaires, Orpea est resté convaincu que, face aux révélations sur ces dérives, toute tentative de se défendre serait « inaudible ».

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L’AG qui s’est tenue jeudi devait marquer la fin de la stratégie de l’édredon. Le rendez-vous rituel avec les actionnaires était présenté comme un « exercice de démocratie » – donnant à voir une volonté de « tout changer du sol au plafond », résume un expert du secteur.

Chamboule-tout dans l’état-major

Une « refondation » qui commence par un ménage au sommet. Devant la petite centaine d’actionnaires présents, le président du conseil d’administration, Philippe Charrier a annoncé qu’« une quinzaine de dirigeants » du siège d’Orpea avaient été ou allaient être licenciés. A la barre de l’entreprise dans la tourmente depuis le limogeage en janvier de son directeur général, Yves le Masne, M. Charrier a volontiers joué les « Monsieur Propre ». « Un noyau de dirigeants présents depuis longtemps dans la société avait mis en place un système de dissimulation qui couvrait des malversations. Les codirigeants n’étaient pas informés de cela. » M. Charrier a insisté : « Toutes les personnes qui ont quitté notre entreprise pour faute lourde sont parties sans aucune indemnisation. » Orpea a, du reste, a déposé plainte contre X et une enquête a été ouverte par le parquet sur des délits financiers supposés de la part de certains dirigeants.

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Après le chamboule-tout dans l’état-major, Orpea s’est mis en quête de sang neuf. La direction générale du groupe a été confiée, le 1er juillet, à Laurent Guillot. Ancien directeur général adjoint de Saint-Gobain, ce polytechnicien de 52 ans a accepté de devenir numéro un avec la volonté de s’entourer de « nouveaux talents » qui, comme lui, ne sont pas issus du sérail médico-social. « Il est temps d’incorporer des compétences qui ne viennent pas uniquement du soin mais qui ont d’abord été formées dans les bonnes maisons, les meilleurs groupes », a-t-il expliqué.

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