- Le tueur en série allemand Martin Ney a été condamné jeudi à la réclusion criminelle à perpétuité par la cour d’assises de Loire-Atlantique pour le meurtre en 2004 de Jonathan Coulom, âgé de 10 ans.
- L’accusé a clamé son innocence tout au long du procès à Nantes.
- Il avait déjà été condamné en 2012 en Allemagne à une peine de prison à perpétuité pour les meurtres de trois enfants.
Le verdict est tombé vingt-deux ans après les faits et au terme de douze jours d’audience. Le tueur en série allemand Martin Ney a été condamné ce jeudi 4 juin à la réclusion criminelle à perpétuité par la cour d’assises de Loire-Atlantique pour le meurtre en 2004 du petit Jonathan Coulom, alors âgé de 10 ans.
L’accusé, déjà condamné en 2012 en Allemagne à une peine de prison à perpétuité pour les meurtres de trois enfants, qu’il a avoués, a clamé son innocence tout au long du procès à Nantes. Ses avocates avaient plaidé jeudi l’acquittement. Le pédocriminel est resté impassible à l’énoncé du verdict, rendu après cinq heures de délibéré.
« Justice a été rendue pour notre fils »
Sur le banc des parties civiles, la famille du petit garçon était en larmes à l’énoncé de la peine. « Enfin justice a été rendue pour notre fils. Il va pouvoir reposer en paix »
, a déclaré devant la presse le beau-père de Jonathan. L’avocate de la mère du petit garçon, Me Catherine Salsac, a décrit le « soulagement »
de sa cliente. « On connaît enfin la vérité »
, a-t-elle ajouté. Ce meurtre porte la « signature criminelle »
de Martin Ney, a déclaré jeudi matin l’avocate générale dans une salle d’assises comble, affirmant n’avoir « aucun doute »
sur la culpabilité de l’accusé et pointant la « gravité presque absolue »
des faits.
Jonathan, originaire du Cher, a disparu dans la nuit du 6 au 7 avril 2004 lors d’une classe de mer à Saint-Brévin-les-Pins. Son corps, lesté d’un parpaing, a été retrouvé six semaines plus tard dans un étang situé à une trentaine de kilomètres du centre de vacances.
Martin Ney déjà condamné pour les meurtres de trois garçons
L’accusé, ancien éducateur originaire de Brême aujourd’hui âgé de 55 ans, purge déjà une peine de prison à perpétuité en Allemagne. Martin Ney a été condamné en 2012 pour les meurtres de trois garçons de 13, huit et neuf ans entre 1992 et 2001 et plusieurs agressions sexuelles sur mineurs. Il a avoué avoir commis l’ensemble de ces faits après s’être introduit dans des centres hébergeant des enfants.
Cette nouvelle condamnation française, assortie d’une peine de sûreté de vingt-deux ans et d’une interdiction définitive du territoire, sera « nécessairement prise en compte dans un éventuel aménagement de sa peine »
en Allemagne et constituera un « élément supplémentaire d’évaluation »
, a expliqué jeudi l’avocate générale.
S’il a avoué les trois meurtres pour lesquels il a été condamné en Allemagne, Martin Ney a toujours contesté avoir tué Jonathan Coulom. Les 163 tomes de procédures ne contenaient à son encontre ni preuves matérielles, ni trace ADN. « J’ai dévoilé tout ce que j’avais à dévoiler, l’affaire Jonathan n’en fait pas partie »
, a affirmé Martin Ney, accompagné d’une traductrice tout au long du procès.
« Le faisceau d’indices, c’est une preuve »
, a souligné l’avocate générale, énumérant lors de son réquisitoire les éléments à charge, notamment le témoignage d’un ancien codétenu, qui affirme depuis 2017 avoir recueilli ses aveux. Les dénégations de Martin Ney sont une « seconde souffrance, un outrage à la mémoire de Jonathan et une torture psychologique continue »
, a affirmé Me Catherine Salsac, lors de sa plaidoirie.




