- À Cheffes, à 20 km au nord d’Angers, l’ordre d’évacuer a été donné ce vendredi à l’ensemble de la population.
- Bien qu’il ne pleuve plus sur place, l’eau continue de monter d’heure en heure et l’électricité va devoir être coupée.
- Regardez ce reportage du JT de TF1.
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La France sous la pluie, des crues majeures dans l’ouest
Vue du ciel, ce vendredi 20 février, la commune de Cheffes (Maine-et-Loire) semble posée sur l’eau. En revanche, à hauteur de femmes et d’hommes, elle apparaît plutôt noyée. Et ce n’est pas parti pour s’arranger : bien qu’il ne pleuve plus sur place, les eaux de la Sarthe continuent de monter d’un centimètre par heure, parce que les ruisseaux environnants, gorgés d’eau, se déversent dans la rivière déjà en crue. « Ça va rester inondé un bout de temps. Je ne vais pas prendre de risques »
, dit le maire (SE), Marc Dutruel, à la préfecture au bout du fil. Tous deux viennent, en concertation, de donner l’ordre d’évacuer à toute la population, y compris les habitants sur les hauteurs. « Nous allons atteindre la cote critique de 6,80 mètres. Enedis, par sécurité, coupera toute l’électricité sur le village »
, précise l’édile, interrogé par TF1 dans le reportage du 13H visible en tête de cet article.
Alors que le pic de la crue reste attendu pour ce week-end, les pompiers supervisent déjà le mouvement. Devant notre caméra, sept familles, sous le choc après avoir découvert l’état de leur domicile en revenant y chercher leurs dernières affaires, poursuivent cette migration contrainte. « Je pense que ce (vendredi) soir, on ne pourra plus du tout circuler dans Cheffes »
, estime un papa, en tractant à bout de bras, de l’eau jusqu’aux cuisses, une barque à bord de laquelle siègent femme et enfant. « C’est déjà vachement monté. Hier (jeudi), il n’y avait pas tout ça »
, affirme la maman devant la désolation autour de l’embarcation.
Juste à côté, trois familles s’apprêtent, elles aussi, à plier bagage, comme les 350 habitants ayant déjà fui la commune. Il en reste une centaine, actuellement en train de charger les barques. « Il y a le moineau dans sa cage, les couettes pour les lits, une bouteille de gaz, du linge, et puis de quoi manger pour nous et pour les bêtes »
, énumère un Cheffois sur le point d’embarquer.

Chez son voisin Yves, 71 ans, l’eau n’est pas (encore) entrée. Mais le retraité a pris la peine de surélever tous ses meubles, solidement accrochés les uns aux autres, et de préparer son sac, en vue d’un départ dans la soirée chez un cousin. « Je n’y ai mis que le minimum. Il y a un pull-over, des papiers et des médicaments pour l’urgence. En revanche, ceux-là, je ne peux pas les évacuer »
, confie-t-il, en désignant la volière remplie d’oiseaux dans son jardin, conscient qu’il ne reverra peut-être jamais ses compagnons. « C’est un point d’interrogation
, lâche-t-il, pensif. On sait quand on part, mais on ne sait pas quand ils nous donneront l’autorisation de revenir. »
Selon les prévisions, l’eau devrait continuer de monter au moins jusqu’à dimanche. Un centre d’accueil a déjà été ouvert à 50 km de là, à Chalonnes-sur-Loire, afin d’anticiper l’arrivée de sinistrés sans alternative.




