Ce mardi 18 août 2026, à Kiev, on s’attendait à ce que la première tâche des députés, en cette rentrée parlementaire, soit de confirmer les nominations présidentielles à la tête des ministères de la Défense et des Affaires étrangères. Ces postes sont occupés à titre provisoire depuis la mi-juillet par Yevhen Xhmara et Andriy Sybiha, respectivement. Mais le président Volodymyr Zelensky n’a pas encore soumis officiellement ses candidats à la Rada, rapporte notre correspondante à Kharkiv, Emmanuelle Chaze.
Selon les médias ukrainiens, les voix « pour » ne seraient pas assez nombreuses pour confirmer la nomination de Yevhen Xhmara, un major général à la tête des services de renseignement avant de prendre la place de Mykhailo Fedorov à titre provisoire, et stratège respecté. Pis, constitutionnellement, un militaire ne peut pas faire partie du gouvernement.
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Le peuple réclame toujours le retour de Mykhailo Fedorov à la Défense
Du côté du peuple, des milliers de personnes continuent de manifester pour le retour de Mykhailo Fedorov à la Défense, une revendication difficile à ignorer pour certains parlementaires, y compris au sein du parti présidentiel. Mais si le peuple a obtenu le départ d’Oleksandr Syrsky à la tête de l’armée, Volodymyr Zelensky n’a pas donné de signe en faveur de son ex-ministre de la Défense.
Limogé lors d’un remaniement gouvernemental mi-juillet, sans motif officiel, Mykhailo Fedorov défendait, à 35 ans, une vision plus moderne de la guerre, prônant l’usage de la technologie, notamment des drones, pour éviter les pertes humaines. Après son éviction, il avait accusé le commandant en chef des armées Oleksandr Syrsky d’avoir poussé le président ukrainien à se séparer de lui. Syrsky, partisan d’une approche plus traditionnelle, a finalement été évincé à son tour. Une décision qui a un temps calmé la colère des manifestants.
Mykhailo Fedorov a multiplié les interventions dans les médias, faisant savoir qu’il souhaitait retrouver son poste de ministre de la Défense et rejetant toute autre proposition de la part de Volodymyr Zelensky.
Le président ukrainien, de son côté, paraît fragilisé par cette crise politique, d’autant plus après la révélation ces derniers mois de scandales de corruption dans son entourage.
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