LETTRE D’ANKARA

Le 9 janvier, Irfan Aktan, un Ankariote de 44 ans, s’était rendu à son rendez-vous chez le dentiste en traînant les pieds. Le traitement d’une carie imposait un soin du canal dentaire potentiellement douloureux et les promesses d’anesthésie locale n’avaient pas suffi à dissiper son appréhension. Agrippé aux accoudoirs d’un fauteuil d’une polyclinique réputée du centre d’Ankara, le quadragénaire attendait avec impatience que le dentiste finisse l’intervention quand une coupure d’eau est survenue. « Le médecin a dû s’arrêter en plein milieu du soin. Il a fait un pansement provisoire et m’a dit de revenir le lendemain. Il n’y a pas eu de complications, tant mieux, mais il y avait un risque d’infection », raconte le malheureux patient. Située à quelques centaines de mètres du Parlement turc, l’établissement possède pourtant un réservoir d’eau mais, ces derniers jours, les pénuries dans la capitale ont épuisé les stocks.
Depuis le début de l’année, plusieurs arrondissements sont régulièrement privés d’eau courante. Les vêtements sales s’entassent dans les paniers à linge et des milliers d’habitants ont dû se résoudre à faire leur toilette avec de l’eau en bouteille. Certains commerces et foyers attestent de coupures pendant des journées entières. De longues files d’attente se forment régulièrement devant les fontaines publiques, comme dans le district de Sincan, à l’ouest de la ville.
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