mardi, février 17
Lors d’une manifestation simulant un référendum pour destituer les membres de la commission électorale thaïlandaise, à Bangkok, 15 février 2026.

Des isoloirs, des urnes, des assesseurs : la passerelle piétonne de Pathumwan, au cœur de Bangkok, a des allures de bureau de vote. Dimanche 15 février, une file de plusieurs centaines de Thaïlandais s’y déploie, au-dessus de l’intersection grouillante qui relie le métro aérien aux grands centres commerciaux. Tous participent à un référendum fictif organisé par l’association étudiante United Front of Thammasat and Demonstration (UFTD), moteur des mobilisations prodémocratie de 2020. Avec une seule question : « Faut-il destituer la commission électorale ? »

Une semaine après la victoire surprise du parti conservateur Bhumjaithai (193 députés, selon un dépouillement toujours bloqué à 94 %) aux législatives du 8 février, l’institution chargée d’organiser ces élections est sous le feu des critiques. Résultats incohérents, soupçons de bourrage d’urnes, d’achat de voix et de dépouillement opaque : la commission électorale est accusée d’incompétence dans la gestion d’un scrutin entaché de plus de 5 000 irrégularités.

« Ici, le vote est secret », lance ironiquement un organisateur. Un clin d’œil à la polémique qui enfle : les codes-barres et QR codes figurant sur les bulletins de vote, censés avoir été décrochés après le vote, pourraient, alerte la société civile, permettre de retracer l’identité des électeurs et ainsi violer le principe du vote secret. Donc invalider le scrutin.

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