mercredi, janvier 7
Des habitants marchent dans une rue d’Alep, dans le nord de la Syrie, à la suite d’un accord de désescalade conclu entre les forces gouvernementales syriennes et les forces démocratiques syriennes, le 23 décembre 2025.

Au moins sept personnes ont été tuées, mardi 6 janvier, lors d’affrontements entre forces gouvernementales et kurdes à Alep, dans le nord de la Syrie, selon des médias d’Etat syriens et les forces kurdes.

Un accord visant à intégrer d’ici à la fin 2025 les Forces démocratiques syriennes (FDS, à majorité kurde) au sein de l’Etat syrien a été signé en mars, mais les discussions visant à sa mise place patinent. Mardi matin, les FDS avaient affirmé que des groupes alliés aux forces gouvernementales avaient ciblé « le quartier Cheikh-Maqsoud avec un drone de reconnaissance (…) tuant un habitant et en blessant deux autres ».

Elles ont ensuite indiqué que le bilan était passé à trois civils morts, dont deux femmes, victimes de « tirs d’artillerie et de missiles aveugles des factions du gouvernement de Damas » à Cheikh-Maqsoud et à Achrafieh. Ces deux quartiers à majorité kurde d’Alep sont encore sous contrôle d’unités des FDS qui doivent toutefois s’en retirer. Dans l’après-midi, les « bombardements [étaient] en cours, avec l’utilisation de drones (…) des tirs directs de snipers et des tirs d’armes lourdes », selon un communiqué des FDS.

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Un communiqué du ministère de la défense syrien, repris par l’agence de presse officielle SANA, affirme de son côté que les FDS ont pris pour cible « un certain nombre de quartiers de la ville d’Alep adjacents aux zones qu’ils contrôlent », y faisant « trois morts et plus de 12 blessés parmi les civils ». Il signale en outre un mort dans une attaque contre une position de l’armée. « Les FDS prouvent une fois de plus qu’elles ne reconnaissent pas l’accord du 10 mars et tentent de le compromettre », a dénoncé le ministère de la défense.

Relations tendues avec le pouvoir central

Deux employés d’un centre de recherche figurent parmi les victimes recensées, a précisé le ministère de l’agriculture, tandis que les autorités provinciales d’Alep ont indiqué qu’un obus des FDS avait touché l’entrée d’un hôpital.

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Les FDS ont par ailleurs accusé des groupes affiliés à l’armée syrienne d’avoir attaqué la ville de Deir Hafer, à environ 50 kilomètres à l’est d’Alep, près du barrage stratégique de Tichrine. Elles ont affirmé avoir le droit de « répondre légitimement à ces attaques ».

Le dirigeant des Kurdes syriens, Mazloum Abdi, qui commande les FDS, était dimanche à Damas pour de nouvelles discussions avec des responsables sur l’intégration de ses forces dans celles du gouvernement central. Les pourparlers n’ont pas permis d’avancées significatives, selon les médias d’Etat.

Les Kurdes, une importante minorité ethnique en Syrie, y contrôlent de vastes étendues dans le Nord-Est, riches en pétrole et en blé. Soutenues par les Etats-Unis, les FDS ont été le fer de lance de la lutte contre le groupe djihadiste Etat islamique (EI), défait en Syrie en 2019. Depuis le renversement du président Bachar Al-Assad en décembre 2024, les Kurdes ont des relations tendues avec le pouvoir central au sujet de leur avenir dans la nouvelle Syrie.

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Le Monde avec AFP

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