
Le ministère de la défense syrien a annoncé, dans la soirée du samedi 24 janvier, la prolongation de 15 jours de la trêve avec les forces kurdes, afin de faciliter le transfert par les Etats-Unis de détenus du groupe djihadiste Etat islamique depuis la Syrie vers l’Irak. Dans un communiqué, le ministère précise que cette « prolongation », à compter de samedi à 23 heures (20 heures à Paris) – soit trois heures après l’expiration officielle de la trêve décrétée mardi – vise à « soutenir l’opération américaine visant à transférer les détenus » de l’EI des prisons kurdes vers l’Irak.
La télévision d’Etat a par ailleurs annoncé samedi « la libération (…) de 126 détenus âgés de moins de 18 ans de la prison d’Al-Aqtan [dans la province de Rakka] » dont l’armée a repris le contrôle aux forces kurdes en vertu d’un accord entre les deux parties, ont rapporté les médias d’Etat. Selon l’Agence France-Presse (AFP), des images diffusées par la télévision d’Etat ont montré des foules rassemblées pour accueillir les mineurs libérés de cette prison d’Al-Aqtan. L’agence de presse officielle Sana a publié les noms des détenus toujours emprisonnés, permettant à leurs proches de les rechercher en ligne.
Sollicitées par l’AFP, les Forces démocratiques syriennes (FDS, dominées par les Kurdes) n’ont pas commenté ces informations.
Sous la pression militaire de Damas, qui cherche à étendre son contrôle sur l’ensemble du pays, les FDS ont cédé ces derniers jours de vastes territoires et se sont retirées dans certaines parties de la province de Hassaké, à l’extrême nord-est.
Vendredi, des combattants kurdes qui assuraient la surveillance de la prison ont été transférés vers la ville de Kobané (Ain A-Arab en arabe), contrôlée par les Kurdes, à la frontière nord avec la Turquie. Selon l’armée, citée par Sana, ce transfert était « la première étape de la mise en œuvre de l’accord du 18 janvier, en vertu duquel le ministère de l’Intérieur prendra en charge l’administration de la prison ».
Dimanche dernier, le président syrien Ahmad al-Chareh avait annoncé un accord avec le chef des FDS, Mazloum Abdi, prévoyant un cessez-le-feu et l’intégration de l’administration autonome de facto des Kurdes au sein de l’Etat syrien, qui assumera désormais la responsabilité et la garde des prisonniers de l’EI.




