- La France accueille ce mardi à la Seine musicale, à Boulogne-Billancourt, un sommet pour concrétiser le retour en force du nucléaire civil.
- Une conférence qui se tient au moment où la guerre au Moyen-Orient souligne la fragilité des économies dépendantes des énergies fossiles.
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Guerre au Moyen-Orient : les prix des carburants s’envolent
Accélérer. Emmanuel Macron ouvre ce mardi à Paris le deuxième sommet nucléaire à la Seine musicale, à Boulogne-Billancourt près de Paris, pour tenter de concrétiser la relance de l’électricité d’origine atomique, au moment où la guerre au Moyen-Orient souligne la fragilité des économies dépendantes (nouvelle fenêtre) des énergies fossiles. Organisé par la France, une des principales puissances nucléaires civiles du monde (57 réacteurs), le sommet devrait réunir une quarantaine de pays et des organisations internationales, dont des représentants des États-Unis et de la Chine, des États européens et des pays membres du G7. Mais sans la Russie, autre géant du secteur, en raison de la guerre en Ukraine.
Créer une « nouvelle dynamique »
Après une première édition à Bruxelles en 2024, ce sommet en partenariat avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) pour « une énergie sûre et accessible à tous
« , s’ouvre dans un calendrier particulier en cette année 2026 marquée par le 15ᵉ anniversaire de l’accident de Fukushima (Japon) et le 40ᵉ anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl (Ukraine).
Aujourd’hui, le nucléaire représente 10% de l’électricité produite dans le monde, avec 450 réacteurs, dans une trentaine de pays. Mais « une quarantaine d'(autres) pays ont manifesté un intérêt ferme » depuis quelques années, a indiqué lundi Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), à quelques journalistes, en citant l’Afrique du Sud et l’Argentine. « Il est dans l’intérêt des pays européens, pour leur sécurité énergétique et pour leur souveraineté, de développer davantage leurs énergies renouvelables – solaire, éolienne et autres – et d’opérer un retour en force de l’énergie nucléaire
« , a souligné en ce sens Fatih Birol, le directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE).
« Le contexte géopolitique mondial et les tensions géoéconomiques croissantes, comme l’illustrent encore les événements en cours au Moyen-Orient, nous poussent à revoir nos modèles énergétiques, qui doivent être en mesure de combiner décarbonation, emplois et souveraineté énergétique »
, fait valoir le président français dans le dossier de présentation du sommet. Pour l’ONG antinucléaire, Greenpeace, le nucléaire n’est « pas la solution pour sortir au plus vite des énergies fossiles, contrairement aux énergies renouvelables et aux économies d’énergie »
.
L’objectif du sommet est donc d’« identifier les mesures pratiques nécessaires à mettre en œuvre et d’établir une feuille de route concrète vers 2050 »
. Paris espère voir émerger « une nouvelle dynamique »
dans la continuité de la déclaration de la COP28 (nouvelle fenêtre) à Dubaï visant à tripler les capacités nucléaires installées à horizon 2050. Une trentaine de pays y ont souscrit et la France souhaite voir de nouveaux États endosser cette feuille de route.




