mercredi, janvier 21

Un « abandon manifeste » de souveraineté. La sénatrice de Saint-Pierre-et-Miquelon Annick Girardin a adressé un courrier à Emmanuel Macron pour dénoncer un projet de transfert au Canada du contrôle d’une partie de l’espace aérien français au-dessus de Saint-Pierre-et-Miquelon.

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Dans cette lettre consultée par l’AFP, l’ancienne ministre des Outre-mer dit avoir appris « de manière fortuite » mi-décembre qu’une zone dite « d’approche », située en dessous de 6 000 pieds (1 800 mètres), pourrait être confiée au Canada « pour des motifs présentés comme essentiellement administratifs et techniques ».

« On ne sous-traite pas sa souveraineté », a-t-elle expliqué à l’AFP estimant qu’une telle décision « serait vécue localement comme un abandon manifeste » et enverrait « un signal incompréhensible » de « renoncement de la France à l’exercice plein de ses droits souverains dans la zone ».

« Comment prétendre défendre notre influence diplomatique, notre crédibilité stratégique (…) si nous ne sommes pas en mesure de protéger nos propres territoires ? », écrit-elle dans sa lettre au président, soulignant que « jamais la souveraineté française dans le bassin nord-américain n’a été remise en cause » auparavant.

Un projet en « plein retour assumé des impérialismes »

Son alerte intervient dans un contexte international tendu, marqué notamment par les ambitions répétées de Donald Trump sur le Groenland, territoire autonome danois situé à quelques centaines de kilomètres de Saint-Pierre-et-Miquelon.

Face au « retour assumé des impérialismes », Annick Girardin propose la conclusion d’un accord international de coopération entre la France, le Danemark et le Groenland, incluant l’archipel français, « PTOM (pays et territoire d’outre-mer, ndlr) européen subarctique » positionné « à l’entrée de la route de l’Arctique ».

Archipel d’environ 6 000 habitants situé au large de Terre-Neuve, Saint-Pierre-et-Miquelon dispose d’un espace aérien sous souveraineté française enclavé dans l’espace aérien canadien. Cet espace est géré par le Service de l’Aviation civile local en coordination avec le centre de contrôle canadien de Gander pour les vols vers le Canada voisin.

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