
Ce jour de juin 2023, dans sa tenue de général des forces armées ougandaises (UPDF), Yoweri Museveni s’adonne, devant un parterre de jeunes recrues, à l’un de ses exercices favoris : un discours en longueur, ponctué d’anecdotes historiques, de conseils personnels et d’appels au dévouement pour la nation. « Vous intégrez aujourd’hui une force prestigieuse, leur lance-t-il de sa voix monocorde. Si vous faites ce qu’il faut, vous irez très loin. »
Le président de l’Ouganda, réélu, samedi 17 janvier, à un septième mandat, n’est pas peu fier de cette armée qu’il a bâtie de ses mains, sans relâche, au fil de quatre décennies au pouvoir. Le pays enclavé d’Afrique de l’Est a pris du retard en matière de développement économique et humain par rapport à certains de ses voisins, comme le Kenya. Il n’a connu aucune alternance politique depuis 1986, mais ses forces armées sont « extrêmement solides et puissantes », confirme un diplomate spécialiste de la région des Grands Lacs.
Dans cette dernière, l’armée rwandaise lui dispute la vedette – elle qui, au début de 2025, a fait la une de l’actualité par son soutien aux rebelles du Mouvement du 23 mars (M23) dans leur conquête éclair d’une grande partie des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Les deux forces partagent « beaucoup de ressemblances », ajoute la même source, à commencer par leur déploiement hors de leurs frontières.
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