
Missionnée début 2025 par le gouvernement, l’Autorité de la concurrence a rendu mardi 10 février un avis substantiel sur les marges et les prix de l’alimentaire pratiqués par le secteur de la distribution en Martinique. Dans le département, ils sont 40 % plus chers que dans l’Hexagone, et l’écart croît d’année en année.
En accusant le Groupe Bernard Hayot, GBH, numéro un dans les outre-mer, « d’étouffer » l’économie de ces territoires, le ministre Manuel Valls avait provoqué la surprise en janvier 2025. Un an plus tard, le président de l’Autorité de la concurrence, Benoît Cœuré, se réjouit de « verser au débat public des données nouvelles sur la compréhension de la profitabilité du secteur ». Les quatre principales entreprises martiniquaises, GBH, Parfait, CréO et SAFO, ont été passées au crible.
Toutefois, M. Cœuré admet un résultat en demi-teinte. Du départ d’un container de farine au Havre jusqu’à la vente des paquets dans les magasins de Martinique, il faut compter 14 étapes. « Nous avons à tous les niveaux de la chaîne des structures oligopolistiques, très concentrées, et à la fin, il reste la boîte noire de ce qui se passe à l’intérieur de ces groupes », a-t-il indiqué. La part des « frais d’approche » pour rejoindre les territoires insulaires pèse de façon croissante dans les surcoûts des marchandises. Ces frais expliquent environ 70 % des différentiels de prix avec l’Hexagone, indique le groupe Hayot, une évaluation que confirme l’Autorité.
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