L’ambiance du quartier de Vanchiglia, à Turin, n’est plus tout à fait la même, depuis qu’à deux pas de la crèche Le Jardin des fables stationne un camion lanceur d’eau de la police antiémeute. D’un coin de rue à l’autre, des grappes de policiers se tiennent aux croisements, entre le ciel gris, l’ennui et le pavé mouillé. Il y a toujours le petit bar de la place du marché, l’atelier d’artiste à l’angle, un ou deux théâtres de poche, mais le tissu en damier de ces anciennes rues ouvrières semble s’effilocher à mesure que s’accroissent les tensions politiques affectant l’Italie de la présidente du conseil, Giorgia Meloni.
Sur les murs, les fresques à la gloire de la Résistance italienne, du mouvement palestinien ou de la révolution kurde sont toujours là. Toutefois, le bâtiment occupé, de manière illégale mais tolérée, trente années durant par le mouvement autonome, qui y avait installé le lieu culturel et militant Askatasuna, est vide. Le 18 décembre 2025, les autorités ont évacué ce point de repère de la gauche radicale turinoise. Les policiers sont là pour décourager toute tentative de retour. Ils incarnent aussi un changement d’époque.
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