
Protection policière renforcée pour les procureurs en raison de menaces de mort, sécurité maximale dans une salle DE la prison de l’Opéra à Milan… Le procès de plus d’une centaine de personnes en lien avec le milieu mafieux a donné lieu à un déploiement de sécurité hors normes en Italie. Lundi 12 janvier, ce sont 62 membres de plusieurs mafias du pays, accusées de s’être associées notamment pour le contrôle du trafic de drogue en Lombardie, qui ont été condamnées dans le cadre d’une première procédure accélérée.
La peine la plus lourde, seize ans de prison, a été infligée à Massimo Rosi, considéré comme un chef de la’Ndrangheta. Il a été décidé que 45 autres accusés seraient jugés dans le cadre d’un procès complet, ont rapporté les médias italiens.
Surnommé « Hydra » en référence au monstre mythologique à plusieurs têtes, ce procès est l’un des plus importants liés aux activités des mafias italiennes hors de leurs bastions du sud du pays. Commencé en mai, il s’est penché sur le lucratif « consortium » monté par les trois plus grosses mafias du pays en Lombardie, région la plus riche d’Italie.
Procès abrégé
Les puissantes familles de la’Ndrangheta de Calabre, et dans une moindre mesure la Cosa Nostra de Sicile et la Camorra de la région de Naples, ont réussi à infiltrer l’économie du nord de l’Italie, notamment par le biais de holdings immobilières, mais aussi de projets de construction ou d’investissements dans des restaurants. Les procureurs milanais ont fait valoir que les trois mafias avaient convenu de cette rare alliance, pour mieux extorquer de l’argent, abuser d’un système de crédit d’impôts sur des constructions à haute efficacité énergétique, mais aussi contrôler le trafic de drogue ou blanchir de l’argent.
Le juge a suivi l’avis du parquet selon lequel il s’agissait d’une association « composée de membres des trois groupes », a rapporté l’agence italienne Ansa. Lors de vingt et une réunions organisées dans la région de Milan et de Varèse en 2020 et 2021, documentées pendant le procès, les membres de la mafia auraient décidé conjointement où concentrer leurs efforts, notamment pour remporter des contrats de services de nettoyage ou de parkings.
Les accusés condamnés lundi avaient opté pour un procès abrégé, pour bénéficier de peines réduites. Parmi eux se trouvait Giuseppe Fidanzati, fils du parrain de la Cosa Nostra, Gaetano, décédé en 2013.




